"Iter Criminis", c'est du latin ma caille

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Vous l’avez remarqué, le nom de notre site est le suivant : Iter Criminis.Pourquoi ? Est-ce que ça veut dire quelque chose ? Telle est la question.

Iter Criminis c’est une formule latine, qui se traduit par « Cheminement criminel ». On parle du chemin du crime. Il n’est rien d’autre qu’un instrument de mesure poétique de votre stade d’implication dans une activité criminelle.

Imaginez que la commission d’une infraction se découpe dans le temps, que commettre un crime soit un parcours du combattant. L’existence de l’infraction suppose que le législateur ait donc interdit un comportement. Dans la loi, il est inscrit qu’une action est proscrite ; le meurtre par exemple. Ces infractions sont classées, et si on constate leur commission il appartient au ministère public de vous poursuivre, aux forces de police de mener l'enquête et aux juges de se prononcer.

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L’article 221-1 du code pénal définit le meurtre comme « le fait de donner volontairement la mort à autrui ». Le geste de tuer, sciemment commis (ouais, il existe pas mal de variations), est donc rigoureusement interdit par la loi.En partant de cet exemple, figurez-vous le crime comme un chemin, un sentier sur lequel vous allez vous aventurer.

Le premier pas, avant l’acte qui retire la vie, c’est de penser donner la mort. Vous devez visualiser votre geste ; c’est une pensée fugace qui vous traverse l’esprit. C’est une chose qui arrive à tout le monde, une simple projection, sinon un abus de langage (« Je vais le buter ! », ou encore "Et si on pillait son Casino ?").Penser, c’est donc le début du processus. C’est quelque chose de très commun, presque d’instinctif, qui trahit une forme aigüe de déviance qui ne se matérialisera très certainement jamais. Ceci étant, vous êtes d’ores et déjà sur « l’Iter Criminis », bien embarqué dans une action sans conséquence en principe, qui constitue néanmoins le début d’un crime.

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Par la suite, vous serez confronté à ce que l’on appelle la « Résolution criminelle ». La résolution, comme la « bonne résolution » du début d’année,  se définit comme une volonté déterminée de poursuivre l’activité, de la lancer, et en l’occurrence celle-ci sera criminelle. Nous sommes au second stade de la pensée criminelle, qui se traduit par une forme de détermination dans la commission (« Putain t’es mort ! », dit cette petite voix intérieure).

https://www.youtube.com/watch?v=qeaN2CitZwU

Bon là Ray Liota le moleste quand même pas mal et clame la menace à haute voix, mais si tout ça avait eût lieu dans sa tête avant que ça se produise on parlerait de résolution criminelle.

A la suite de cette délibération avec vous-même, vous êtes convaincu de commettre l’infraction et d’enfreindre ainsi le commandement fixé par la loi. Peu importe la raison, la détermination prime, c'est une question de volonté, de manifestation.En conséquence, vous faites un pas de plus sur l’Iter Criminis. Mais vous n’avez toujours rien commis, vous êtes en principe en train de remuer vos méninges dans l’idée de faire un acte répréhensible.

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Je vous rassure, vous ne risquez rien à le penser ; les coups qui tombent après la loi commenceront à pleuvoir dès lors que cette résolution est suivie d’acte matériel qui visent à préparer la commission de l’infraction. Même si en principe, on peut déjà poursuivre ce brave Lester, et que certaines infractions dites "obstacles" sont déjà répréhensible à ce stade. La fameuse "Association de malfaiteurs" (article 450-1 du code pénal) va permettre à Lester de prendre un peu de mitard si on le choppe avec ses plans, le CV de Niko Bellic et deux petits pains de C4.

C’est donc là, l’ultime étape qui fait basculer la fiction, le fantasme, dans le réel.L’iter Criminis vous a mené quelque part. Vous allez préparer votre passage à l’acte. Ostensiblement, vous allez réunir ce qui vous permet de réaliser l’infraction. On parle alors de la réunion de tous les éléments nécessaires à la commission de l’infraction. C'est le moment où tu vas chez Brico pour trouver de quoi faire...

Suis donc naturellement le « commencement d’exécution ». Vous amorcer la commission de l’infraction. Si vous êtes un cambrioleur c’est le moment où vous avez déjà repéré la maison, acheter le matériel, et que vous êtes sur le pas de la porte en train de commencer à la forcer. Il arrive pour des crimes de différentes natures que la commission, le moment où l’infraction est consommée, soit le même que le commencement (Si vous brulez sciemment un feu ou tuez quelqu’un sur le coup, le commencement se confond avec la commission, et les étapes préparatoires sont infimes). Vous courrez sur l’Iter Criminis sans possibilité de vous arrêter en quelque sorte.

En dernier lieu, on parle de la consommation de l’infraction. C’est-à-dire qu’elle a été commise, et que l’élément matériel qui la caractérise est constitué. Si vous vouliez voler, vous avez volé. Si vous vouliez tuer, vous avez tué. Vous êtes en bout de course sur l’Iter Criminis et vous avez deux choses à espérer ; qu’on vous gaule jamais ou qu’on vous gaule trop tard.

https://www.youtube.com/watch?v=638g3gLEbLY

Dans cet extrait de L'instinct de Mort, vous avez les dernières phases de l'Iter Criminis.

C’est toutes les raisons pour lesquelles ce site s’appelle ainsi. Parce que le chemin du crime relève de stades différents, représente une échelle de mesure, et permet l’étude d’un phénomène donné.Nous présentons les contenus de cette façon, comme si vous marchiez sur un fil à nos côtés, en direction d’une pensée douteuse mais qu’on ne pourra jamais sanctionner.

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