La tape de rue: culture millénaire ou corolaire de notre condition d'animal politique ?

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T’as envie d’apprendre à te tape comme un ancien ? C’est là que ça se passe à fond.

De tout temps (eh ouais, gros poncif mon gars) l’homme a dû assurer sa sécurité. C’est simple à comprendre ; la nature est violente. Pour survivre, il faut résister, se dépasser, être impitoyable pour se défaire de sa condition et se mettre à l’abri. Seul, tel Tom Hanks sur une île, tu dois maîtriser l’environnement et le rendre favorable à ta sédentarité. Les revenus de cette dernière doivent te profiter à tout instant. Les menaces doivent aussi être maitrisés, dominées sinon éradiquées. Grossièrement, « la nature ne veut pas le bonheur » comme le rappelait Maeterlinck, donc faut se lever tôt pour l’assurer, puis le protéger.Il s’avère que l’avènement de la cité a transformé les règles en place. Le chasseur-cueilleur devient fermier, et les menaces se transforment avec lui. S’il ne risque plus de se faire écharper par un jaguar,  que reste-t-il de la violence ?

Certains ne diront pas grand-chose. D’autres que ce n’est pas leur problème car nous avons transférés le monopole de la violence légitime à l’Etat. Les lois disent ce qui est permis, et leur légitimité se goupille avec notre système de représentation. Le jaguar n’est plus là, les hommes sont leurs propres loups. Notre pouvoir de nous défendre, d’assurer la sécurité dans la cité, revient au Léviathan, à l’État, à une fiction juridique et politique qui possède un bras tentaculaire et armé ; les forces de l’ordre.On pourrait parler des jours de ce concept –force de l’ordre est évocateur, on trouve là une Force agissant au service de l’ordre comme d’un « ordre »- et de ces différentes représentations (armée, police, gendarmerie, pompier, services de renseignements…). On ne va pas le faire aujourd’hui.Nous avions juste besoin de postuler qu’un tel service existe et nous sert. Bref, « Protéger et servir » est le mot d’ordre (mdr).Mais la question persiste… Que reste-t-il de la violence ? Après tout, nous ne sommes plus tout à fait des bêtes, nous sommes des « animaux politiques » pour le Stagirite. Cela suppose que le paradis lointain du chasseur-cueilleur qui bosse 4 heures par jour est à 5000 ans d’histoire de nous. Son enfer aussi, car ces proto-communistes se regroupaient en clan qui s’entrouvraient le crâne entre eux avec un caillou dès la vingtaine.En ce sens, il ne reste presque plus rien de cette violence pour un grand nombre de raison : https://www.youtube.com/watch?v=ramBFRt1Uzk

Oui, ça n'existe presque plus. Intéressant non ? Allez, abreuvons nous d'encore un peu d'Apocalypto avant de reprendre. Nous ne sommes, presque plus des animaux...

https://www.youtube.com/watch?v=pub3KUSFeHc

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Ceci étant, l’effet du témoin (comme l’effet Lucifer) montre que nous sommes toujours des animaux. Des êtres durs à comprendre. Lorsqu’une nana se fait poignarder en pleine rue, le nombre de spectateurs influe sur la responsabilité qu’implique notre état passif, notre état de témoin. On ne réagit pas, on ferme les volets, on n’appelle même pas les condés. Ces mécanismes humains expliquent beaucoup de choses et nous condamnent à notre état. Un animal politique, ni plus, ni moins. La violence a gagnée les villes et s’est nettement transformée. On a connu toute sortes d’atteintes à des libertés diverses, à tous les niveaux et à tous les degrés. Nous nous donnerons pour mission de revenir sur tous ces évènements avec Iter Criminis, et consacrerons nos efforts tout de suite sur la défense dans la rue.Le terrain de jeu privilégié de ces violences est la rue. Elle a gagné la cité et s’exprime de manières très différentes. Les apaches faisaient les bourses des gentilshommes s’encanaillant dans les rades étranges des bas-fonds et avant ça, tous types de malandrins et de coupe-jarret bordaient les routes à la tombée de la nuit. Toutes les machinations sont bonnes pour enlever quelque chose au patrimoine de quelqu’un et cet art est riche, de techniques, de lois, de théories et de haut-faits qui en font le prestige comme le souvenir. La renommée aussi, et par la même la plaie des forces de l’ordre qui cherchent toujours à les contenir, faire régner les interdictions que nos valeurs et notre éthique impliquent. De Cartouche à Mesrine, il y a un monde.

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Le fait est, que nous sommes en tant que citoyens des victimes potentielles, en proie à une prédation dont les bornes sont l’imaginaire du hors la loi en puissance.Seul rempart, ces fameuses forces. Elles sont aussi les seules à connaître ces stratagèmes qui nous ruinent...

Vous êtes sûr de ça ? Je vous le donne en mille, des gens se sont intéressés à nous sortir de cet état de stase pour nous rendre la pleine jouissance de notre liberté.On compte parmi eux Jean Joseph-Renaud et quelques autres, comme Vidocq l'ancien bagnard devenu chef de la brigade de sûreté, ou encore Eugène Villiod dans son ouvrage "Comment on nous vole, Comment on nous tue". Des best sellers, sur les "plaies sociales" du début du XXème, et avant... C'est à dire les crimes, la délinquance en général au travers des rapines et autres dangers des rues, voir des routes ou des auberges. Contre le pavé, l'apache est dur et il faut le mater. Pour ça, il faut le comprendre, le connaître et maitriser les outils nécessaires à son appréhension.Ce qui est intéressant, c'est de voir que la rue a toujours été un terrain de jeu privilégiée pour le crime. A ce titre, la théorie moderne de la vitre cassée continue d'expliquer la ghettoïsation et les violences urbaines. C'est le délabrement progressif, initié par une simple vitre brisée, qui va gangréner un quartier. Le rendre moins important, moins capital, de moindre valeur, ce qui alimente une forme de violence. Cette dernière se multiplie à mesure que l'endroit se délabre. A New York, et en application d'une solution à cette fatalité, on remplaçait toutes les vitres brisées sous la direction de Rudolph Giuliani l'ancien maire de la ville. La criminalité a baissée par district, et la ville est devenue "sûr" pour Laurent Lemasson, le directeur

Revue française de criminologie et de droit pénal

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Pour des violences de plus grandes ampleurs, les connexions qui règnent entre les différents ghettos et la théorie du "flashpoint" expliquent par exemple des cas d’émeutes. Du vieux français Esmeute, l'émeute participe du registre de l'émotion. Un évènement va attirer l'attention d'une foule qui grossit, et qui se transmet une rage évidente. Comme une trainée de poudre l'émotion se diffuse, et une fois le flashpoint atteint (impliquant parfois d'ailleurs un geste déplacé des forces de l'ordre) l'émeute embrase les quartiers.Il y a donc des influences, des prédispositions et des effets susceptibles d'abimer un quartier entier et de le plonger dans la violence. Cette dernière prends bien des formes et il en a toujours existé, les sociétés sans crimes sont ni plus ni moins que des anecdotes. Et si la société devient de moins en moins violentes, les violences persistent, et ont une vaste histoire. Notre condition d'animal politique y est probablement pour quelque chose, mais ce n'est pas pour autant une triste fatalité.Si tout cela est considéré comme normal, pourquoi ne pas nous en défendre ? Tel est le postulat de ces auteurs, qui s'intéressent aux crimes, aux bas-fonds et la violence qui l'habite parfois. Autrefois, nous avions Vidocq, aujourd'hui nous avons d'autres scientifiques pour se plonger la dedans, mais toutes les forces nous ont été retirés. Nous sommes en face d'un problème social, d'un problème politique, et ces problèmes sont pris en charge par d'autres que nous. Par l'autorité et ses manifestations.

Mais qui est en première ligne ? Rarement les autorités. Alors que faire, si nous sommes dépossédés et que la postulat demeure que la violence est constante ?La culture millénaire est ambivalente, à deux tranchants. Si des gens se sont toujours battus, des gens ont aussi toujours su se battre. C'est la leçon qu'il délivre, lorsqu'ils s'expriment à propos de cette violence. Une littérature primitive, préventive, éducative, qui fascine parce qu'elle renferme des secrets, des anecdotes et des moments, autant que des techniques et des manières de procéder pour se tirer d'affaire.Tous ces observateurs d’antan, pour la plupart du début du siècle car il signe l'entrée dans un nouveau monde criminel, amènent avec beaucoup de formules élégantes une réalité difficile.Aujourd'hui, ce travail est continué et constitue une veille criminologique pointue, où les chercheurs identifient des liens entre différents éléments pour expliquer ces violences.

Le caractère scientifique de ce travail ôte une partie du charme qui revenait aux anciens, mais qu'importe, la réalité est la même. Le niveau d'organisation est inégalable et les sources de cette gangrène sont nombreuses. Le problème est de plus en plus profonds et complexe.Certains auteurs venaient à voir l’aménagement urbain et les politiques de la ville comme un volet phare de la criminologie à venir. Les forteresses marseillaises et parisiennes, ces bâtiments d'une laideur affichée qui servaient et servent encore de "cité" étaient souvent conçu d'une manière très évasive. Sans penser bien sûr, à un foyer criminel à l'intérieur de ces tours pleines d'espoirs, l’État a installé des places fortes du trafics et les délinquants maîtrisent habilement leur environnement pour en tirer avantage. Il faudra donc plancher sur la rénovation et les éventuels reconstruction avec des criminologues et des policiers pour éviter de revivre ce scénario. C'est la configuration en bloc, connecté à plusieurs espaces, surplombant un réseau de cave, qui ralentit une éventuelle investigation. Couplé à la fameuse théorie de la vitre brisée, on voit bien que cet abandon d'une partie de l'espace urbain génère des violences.

Celle ci se révèlent particulièrement cru au moment des émeutes de 2005 par exemple.

https://www.youtube.com/watch?v=jso86ByuC_o

Ce qui est intéressant lorsqu'on allume la télévision, c'est qu'à contrario les émissions à succès et grand public qui nous promettent une "immersion" sont tout à fait inculte de ces problématiques. Dans le reportage choc, on entrevoit souvent le niveau d'organisation très élaboré du trafiquant moyen. Et pour cause, il fascine. Car ce dernier maîtrise un grand nombre d'élément, et s'organise peu ou proue comme un professionnel. A certains égards, il est un professionnel en faisant profession d'un trafic, et ses garde fou comme les remparts qu'ils élèvent pour survivre de sa condition sont remarquables.La violence a changée, mais les observateurs veillent et décrivent le monde de la même façon, avec la même hygiène, couplée à  des méthodes scientifiques.Mais j'en sais toujours rien et je pense que personne n'en sait rien; Le crime, corolaire de l'animal politique ou culture millénaire ?On peut identifier des facteurs qui la favorisent, comme nous en avons déjà développé certains aspects. A ce titre l'urbanisme, ou les inégalités, s'ajoutent pour former un cocktail complexe en société.Des lois sociales jouent également, elles doivent entrer en ligne de compte. Tout ce que nous pouvons dire jusqu'à maintenant, c'est que la violence est normale et que le crime la déguise en s'invitant partout où elle peut servir à quelqu'un de bien ou de mal intentionné.

C'est promis, nous reviendrons à la charge pour expliquer tout cela en prenant la question sous un nouvel angle. En attendant, suis nous partout, sinon on te retrouvera.

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