La baston de rue: comment botter des culs à la manière de nos anciens ?

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Tu veux apprendre à te taper comme un sauvage ? Devenir un bourgeois gentilhomme habile à la canne pour tailler en pièce le premier sacripant qui vient te faire les poches ?T'es au bon endroit alors, on va parler de Jean Joseph-Renaud, un ancien qui te veut du bien.Jean Joseph-Renaud pourrait être présenté comme le Frank Roppers du siècle dernier. Mais ce serait un traitement indigne et une insulte à la mémoire de cette légende des pavés. Une légende qui enferme la science de la rue dans des bibliothèques. Il a rédigé un bouquin intitulé La défense dans la rue, qui abrite un grand nombre de ses connaissances sur le combat, les ruses des apaches et la condition humaine. La condition de l’homme, sa vigueur et ses facultés, son intelligence et sa vivacité, mais aussi la condition des hommes, la richesse et la misère, la générosité et l’avarice, les remous de la violence et l’âme à la recherche de l’ataraxie.L’objectif de Jean ? Vous aidez à vous tirer correctement des « affaires sérieuses ». D’abord par une approche réaliste de l’affaire sérieuse et de votre conditionnement. La majorité de ce que vous apprendrez en salle, sera inutilisable voir dangereux le moment venu. Il faut apprendre à « se battre ».« Ce livre s’efforcera : de préciser aux virtuoses de la boxe, du tir, de la canne, du jiu-jitsu, etc…, quels sont dans une affaires sérieuse, les côtés de leur sport les plus pratiques.D’enseigner aux personnes qui n’ont que peu de temps à consacrer à l’entrainement un certain nombre de moyen de défense facile et sûr. » C'est clair ?Son objectif est de rendre le pouvoir à tout le monde. Nous sommes en présence d’un combat « sans convention » et l’auteur en fait son affaire. Autour de la notion des quatre distances, il explique la manière de briller vite et bien grâce à une réponse bien sentie-qui prends la forme d’une grasse tatane dans le tarin. 

En premier lieu, la canne et le revolver, très pratique à une distance moyenne.

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En second lieu, vient la distance de jambe.

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Puis de poing, avec les coudes et la tête.

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Viendra en dernier lieu seulement le corps à corps, et l’efficacité des prises de Jiu-jitsu que Joseph-Renaud a approché avec des Japonais. Il vante les mérites de l’art qui permettait au samouraï désarmés de tirer profit de leurs mains vides pour renverser la situation. En outre, il mentionne longuement la méthode Charlemont, qui a rédigé les traités les plus éminents et célèbres sur la Boxe Française, ou Savate. Cet art noble vous servira à avoir une silhouette athlétique et des muscles pragmatiques, éduqués pour la castagne à moyenne distance; pointu, chassé, revers, et bon bourre pif avec le haut du corps (à l'ancienne même la tête ne posait pas problème). Théophile Gautier lui-même en fait l’apologie dans ses écrits. Il mentionne les maîtres de chaussons parisiens, et les présente comme les premiers narvalos. Ces derniers eût été prêt à vous enseigner comment pocher un œil pour quelque francs, ou envoyer un pointu dévastateur dans la gencive de votre opposant. Une chose est certaine, si collectivement, nous nous étions frottés à ces types à la sortie d’un bal pour une sombre histoire de veston froissé, on aurait tous douloureusement ramassés nos chicots contre notre ombre.Joseph-Renaud, photo à l’appuie, vous décrit les coups et les ripostes les plus évidentes. Il vous montre comment exécuter le coup et vous rappelle que l’assiduité dans la pratique fera de vous un as. Un livre de développement personnel donc, qui vous place dans l’insécurité parisienne de nos vieux faubourgs. A la moindre incartade de votre interlocuteur, le bourre pif est facile, si vous avez lu ce précieux manuel vous êtes en confiance.Est-ce toujours d’actualité ? Entendons par là l’invasion de groupes organisés violents, prêts à tout pour vous faire les poches.L’observatoire national de la délinquance publie un rapport annuel à ce sujet. Dans Paris, le premier arrondissement compte 679 cas de violences (gratuites ou crapuleuses). Soit deux par jour, ou 40 actes pour 1000 habitants. Le nord est toujours la zone la « plus violente de la capitale » et les 18eme et 19eme arrondissements comptent autour de 1300 faits par an.Si tu es assez malin pour ne pas risquer ta vie pour dix balles et que tu veux quand même compléter ta formation de boxeur, ou alors devenir un ptn de Hools, tu vas devoir te procurer rapidement Joseph-Renaud. Pas de négociation possible avec ça, c’est de l’or en barre pour bagarreur.Je ne pense pas avoir besoin de démontrer qu’à n’importe quel moment, c’est mieux d’avoir une prise de Jujitsu dans sa manche. Il convient par l’apprentissage, de n’importe quelle nature, d’enrichir son esprit, d’augmenter son potentiel. C’est le fruit de n’importe quelle lecture ou réflexion. Envisager son corps et sa tête comme une arme potentiel, ça ne te rapproche pas que de Jason Statham. Nous sommes face à une question de confiance en soi, d’aguerrissement et de discipline.https://www.youtube.com/watch?v=1oexWXqZ4ekC’est aussi la leçon que livre l’auteur. Il s’agit de comprendre les tactiques de la rue, d’identifier les situations inextricables, celle où ne pas agir, celles où il faut la promptitude de fuir avant que les situations venimeuses ne parviennent à maturation, et enfin, les rares lors desquelles nous pouvons intervenir. Il faut bien du discernement pour être un homme de grande vertu à cette époque, et si par le fruit du hasard ou de la nécessité vous vous trouvez dans cette « affaire sérieuse », vous devez être prêt. La chance, ce n’est que du hasard et de la préparation. La malchance est ainsi la réunion ‘un infortuné hasard et d’une mauvaise préparation. La logique évidente d’une telle mentalité, c’est de bien se préparer, d’être prêt.Pour bien assoir ces démonstrations, l’auteur profite de sa large expérience, et de ses anecdotes sur le monde criminel, ou mieux, sa vie personnelle. Jean, pouvait gueuler dans un rade « Si quelqu’un veut m’aider, je me fais fort de mettre ce pauvre homme dans l’impossibilité de nuir ! » (true story). La traduction physique de cette boutade est une balayette. Mais c'est une balayette avec du cachet. La mandale avait du bagou à l'époque.Nous avons donc un formidable témoignage, semblable à ceux d’Albert Londres ou de Vidocq, sur une époque et la representation urbaine de ses misères. Un monde sous terrain qui fascine l'auteur, et par la même le lecteur.Et pour cause, le bougre a écrit de nombreux romans, des livres sur l’escrime livrant sa sagesse de maitre d’arme, et de nombreux articles exceptionnels dans la vie au grand air. Il a de grands talents d’écriture, qui lui permettent ce genre de fantaisie dans l’article sur « La tactique de combat dans la rue »; « Par exemple dans la rue un goujat herculéen vous tarabuste et il devient nécessaire de faire intervenir les gestes… ». Après quoi, il vous faudrait détourner son attention en vous dégageant de la situation, en lui montrant quelque chose, « en l’empêchant de se méfier » ou tout simplement en agissant très rapidement. Que faire en réponse après avoir posé ses yeux contre un élément perturbateur ?« Et aussitôt, de toutes vos forces placez-lui un cross sur la pointe de la mâchoire. Le combat sera terminé, nettement, proprement, sans vêtements déchirés, sans avoir à se rouler sur le sol, sans la plus petite contusion reçue. ». Philosophie riche et puissante, véritables prémisses du Punch Hard, Punch First.Punch Hard, Punch FirstCette idée apparait aussi dans le Life's Little Instruction Book, écrit par un père pour son fils. Elle est devenue un petit monument de l’internet des fighters, et autres amateurs de KO filmés à l’arrache avec Nokia à la sortie d’une boite de Kiev. Tout le monde aime à mater ce genre de claque de forain capturé par une caméra de surveillance. On a même eu une époque sans éthiques ni morales de Happy Slapping, avec des petits malins qui distribuaient des mandales gratuites dans la rue pour être à la mode. C’est l’inverse du Free Hug, qu’on a fini par inventer plus tard pour être moins violent mais toujours aussi stupide. A ce titre il faudrait présenter les happy slapper au free hugger, pour réguler les connards.Sans aborder la légitime défense, dans sa conception française, on comprendra bien que ce genre de réaction est rarement la bienvenue. Seule la réflexion sur la morale, la constitution d’une éthique, d’une solide confiance ainsi que d’un large éventail technique, vous permettra de ne pas être dans l’excès. On devrait plutôt dire « Think quick, punch hard ».Nous avons réussi le défi d’allier Web, Culture et Baston. Partage moi ça vite fait et pose ton like pour réentendre parler de nous rapidement. Disclaimer : A la fin du chapitre sur le combat à la Canne, il y a des chances pour que tu ai envie d’en posséder une et d’apprendre à t’en servir pour l’avoir dans la rue. Au moment où tu voudras vraiment claquer ta thune la dedans, ne le fais pas. C’est mieux pour tout le monde (idem avec le revolver, je t’incite à rien bordel). En revanche, va te perdre dans un jardin public pour apprendre et enseigner comment envoyer des swings bien sentis avec ta nouvelle bible. Allez, mets ton personal computer en veille et vas-y.

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