Ray Donovan : le diable se cache dans les détails.

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Ray-Donovan-Season-2-FT-779x400

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Episode 404

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Ma quête infernale et récurrente, qui vise à trouver une nouvelle série envoutante, vient de s’achever devant Ray Donovan. Ayant déjà maté les deux premières saisons il y a quelque temps, l’idée d’en avoir trois de plus assurait une forme sécurité indiscutable et invitait volontiers à se délecter des merdiers dans lesquels chaque personnage se fourre.J’y ai découvert assez d’éléments séduisants pour écrire un article à son sujet. Brave Ray. Si vous êtes un tant soit peu amateur de Binge watching, et que vous consommez des séries de manières maladives, vous allez poser le pieds dans un univers crade et violent.Un univers crade et violentRay Donovan possède une entreprise à Los Angeles, qui s’occupe de « régler des problèmes ». Le sujet principal est donc la merde dans laquelle le brave Ray à les mains. Chaque jour apporte son lot de situations en apparence inextricables, dans lesquelles le héros met de grand coup de latte. Véritable légende de la ville des stars et des excès, Ray est indispensable à ce monde particulier pour continuer de tourner sans accros, sans les problèmes que la réalité impose à ces gens hors norme.Exemple : Une star du monde sportif se réveille avec une pute morte d’une overdose de cocaïne dans le lit de sa chambre d’hotel. Il est bien évident qu’il ne peut pas avouer avoir 1) tromper sa femme 2) coké comme un banquier d’affaire des 90s 3) avec une prostitué 4) sans penser une seconde à sa carrière et à sa vie de famille.Il sort donc son téléphone pour composer le numéro de son agent, qui raccroche en vitesse pour composer le numéro de Ray Donovan.Lorsqu’il arrive sur les lieux, il maquille la scène de crime et invite un acteur de son carnet d’adresse qui à un autre problème. Gay, et incapable de se l’avouer, il lutte contre ces accusations et se montre le plus souvent possible avec des femmes pour maintenir l’illusion de son hétérosexualité. Quoi de plus solide en ce sens que d’être exposé par un tabloïde pour s’être coké avec une tchoin jusqu’à la mort ?Voilà le genre de plan dans lequel Ray n’apparait jamais, alors même qu’il organise chaque affaire de la sorte. Invisible et indispensable, chèrement payé pour vous sortir de vos embrouilles les plus tordues, tel est la vie de ce brave Ray.Tout cela subit bien sûr des variations d’intensités assez imposantes au fur et à mesure de la série, qui iront jusqu’à des échanges intenses (de 38 spécial) avec la mafia arménienne par exemple.Une famille en orCe qui complète vraiment bien l’image de ce personnage, en lui donnant une portée envoutante et durable, demeure sa famille. Cette série aurait pu s’appeler Donovan ; elle aurait peut être dû. Car elle ne porte pas uniquement sur Ray, mais aussi sur sa famille. Plus encore que dans une série comme Breaking Bad, où les autres personnages de la famille de Walter White existent, sont des instruments qui servent l’histoire (comme son fils, sa femme, ou son beau frère) mais sont considérés comme tel. Dans Ray Donovan, les membres de sa famille sont des personnages, qui vivent des intrigues qui finissent invariablement par croiser la vie de Ray tout en gravitant en permanence dans les intrigues, fondant certaines d'entre elles et devenant aisément le sujet et non un simple objet.Il y a sa femme et ses enfants, sujet du thème de l’abandon par un père tourmenté, absent et violent. Les enfants traversent leur puberté non sans mal, évolue dans un environnement étrange, avec un père à mi-chemin entre l’homme d’affaire et le mafieux.L’autre versant de la famille, c’est le père de cette fratrie, Mickey Donovan, taulard de métier, toujours dans un coup des plus foireux, avec sa dégaine de mac, ses bagouzes et sa chemise à fleur. Ainsi que la fratrie à laquelle il a donné naissance ; Terry, Ray, Bunchie, et le demi-frère "Black irish".Ils tiennent un club de boxe qui blanchit l’argent de Ray, et vivent eux aussi des aventures qui se révèlent d’une intensité croissante.Cette famille est un buvard. Chaque fois qu’on renverse une chose dessus, elle est absorbée en laissant une trace. Il en va ainsi des infidélités de l’épouse, des amourettes de la fille, des escroqueries montées par le père, qui impliquent ses fils et des peines de prison déchirant un peu plus la famille encore. Et il en va ainsi pour Ray, qui semble réussir tout ce qu’il touche même dans l’horreur que cela suscite. Son but intime est de mettre fin à tout ça, de parvenir à s’en sortir et à assoir une normalité ardemment désirée sans jamais se trouver pleinement atteinte. Voilà la métaphore de ce qui se présente à l'image, un buvard estampillé Donovan, et le moteur de l'intrigue; des éléments renversés ci et là sur ce dernier.Chaque Donovan a une vie, et elle est terrible dans un monde merveilleux; LA, les strass, les paillètes pleines de sang et la sauvagerie de la misère humaine. Parfois risible, les situations prêtent à rire de par leur absurdité. D’autres sont émouvantes de banalité, et dans les épreuves quotidiennes ordinaires comme extraordinaires, l’humanité qui dégorge de cet assemblage complexe de situations est saisissante.On est là dans un portrait approximatif du rêve américain. Non pas une caricature, car tout est trop réel, mais anormal. On est au cœur de son dysfonctionnement.Basiquement, on se trouve dans la came derrière les stars, dans les petites affaires des riches de Los Angeles, dans les paiements de rançons et les chantages récurrents. Une vie terrible donc, faites des problèmes des autres, avec pour dénominateur commun un ou plusieurs Donovan.Le mentor de Ray lui confie lors d’un flashback que si on inclinait l’Amérique, tout ce qui n’est pas bien fixé tombera naturellement à LA. C’est un peu le fil directeur de la série, des détails, des problèmes, des vies, qui tombent vers un point unique. Si le diable se cache dans les détails, Ray Donovan en est une parfaite illustration.Il règle ces erreurs de parcours à tour de bras, souvent en maquillant des détails, en opérant un flou tactique pour inviter une version plausible de la réalité à devenir la vérité. Les mêmes détails le poursuivront plus tard, et dans ses retranchements, il trouvera des solutions. Il trouve toujours des solutions.Toujours plus de problèmes, toujours plus de solutions.Alors en attaquant la troisième saison, il était possible de s’avouer que malgré la complexité, la richesse et la profondeur des histoires, des personnages et du background, il y a des répétitions ou une sorte de baguette magique scénaristique qui permet aux personnages de s’en tirer. Mais chaque épisode nous prouve que non, car on sait qu’in fine tout le monde n’est pas indispensable et que donner de l’importance à un personnage revient à lui donner l’occasion de souffrir, et à nous donner l’occasion de compatir, de s’émouvoir voir de l’aimer. Ils évoluent, et dans les épreuves se muent en quelque chose de nouveau, en quelque chose de plus ou en quelque chose de moins. Dès lors, tout se renouvelle sans arrêt, et la série n'épouse pas l'image d'un format télé stupide ou des personnages ont un problème et une solution par épisode, dans le confort d'un script répétitif. Il y a une magie du renouvellement et une atmosphère constante, qui demeurent ensemble pour faire en sorte que nous nous y retrouvions tout en découvrant de nouvelles choses; tant sur le passé que sur le présent, tant sur les personnages que nous connaissons ou qui se transforment, et par dessus tout quant aux évènements, aux espoirs et aux attentes des sujets de l'intrigue. Personne n'est traité comme un objet de l'intrigue, ou un outil, tout à vocation à poursuivre, sinon à persécuter, ceux qui ont un pied dans le Maelstrom des Donovan.Un détail, surtout celui dans lequel se cache le diable, déteint sur les humains. Telle est la leçon que formule Ray Donovan, dans un format agréable et dense, dans sa chemise blanche sans cravate le brave Ray fait son taf et nous nous en délectons.Je vous invite donc à poser un cul dans cet univers-là, sans appréhensions. Maintenant, si tu cherchais à te marrer devant ton ordi, vingt minutes par ci par là en mangeant des ramens noodles, peut être que d’autres articles sont plus indiqués.

TélévisionCharal