Brad Pitt, la Warmachine.

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War_Machine_(film)

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Netflix propose sur son catalogue, un film à moitié sérieux qui porte le nom de Warmachine. Il retrace l’histoire d’un général américain, un ranger et sa bande, qui font du repérage avant de déplacer la guerre d’Irak vers l’Afghanistan sous le mandat d'Obama.Ils sillonnent donc les routes, et essayent de produire une analyse de terrain.Le but de ce général McMahon est de revisiter les préceptes de la guerre contre-insurrectionnelle afin de remporter la guerre contre les rebelles, pacifier le pays et instaurer une élégante démocratie.Noble de cœur, ce bon Brad. Planifier une guerre contre-insurrectionnelle et surtout ; la chiffrer. Dans le film, il est présenté comme l’un des premiers à se soucier de la manière dont nous faisons la guerre et contre qui elle est réellement adressée. Le genre de conflits où l’ennemi ne l’est qu’à mi-temps, où rien ni personne n’est familier pour un marinz’, et où le déploiement des hommes est très couteux.Il se déplace donc dans un premier temps à travers l’Afghanistan, essaye de comprendre. Puis se présente avec deux constats à ses supérieurs. Le premier est le suivant ; personne n’a jamais mené ce genre de guerre correctement. Le second ; il faut mener ça intelligemment, en disposant les ressources d’une certaine manière et en interagissant sans instinct belliqueux avec les peuplades. Il faut employer les soldats à convaincre, non à se battre. Il convient de les orienter ponctuellement vers le conflit, tout en usant ses méninges pour se faire admettre comme quelqu’un de bienveillant dans une zone hostile à tous les niveaux.Avec un treillis dans un pays musulman, voilà une chose complexe à réaliser pour ces soldats. On voit pourtant un stratège, qui s’inspire du passé pour synthétiser un embryon de solution. L’expérience de la guerre d’Algérie, celle de la guerre du Vietnam, conduisent à repenser la guerre contre-insurrectionnelle. Embourber ses ressources dans un terrain extrêmement inhospitalier, face à une menace constante et absente à la fois, revient à mettre des coups d’épée dans l’eau. A tout perdre, sans gage de réussite. Clarifier l’objectif, est le premier pas. Il faut savoir quel est le but, car la « victoire » est un terme plus difficile à saisir au milieu de ces circonstances.Tout est donc affaire de perception dans cette histoire. Pour le général, le comportement des troupes importe pour beaucoup. Lorsqu’il remet en place un groupe de jeunes rangers un peu paumés, il insiste sur le fait que la force pure, l’affrontement, ne pourra rien à partir d’un certain stade. Il faut transformer des ennemis potentiels en allié pour lutter contre la réalité de l’ennemi. La difficulté est cristallisée dans la réponse du jeune ranger au général. Le simple soldat se sent tout bonnement incapable d'accomplir cet exploit; il a appris et est venu pour se battre. Ni pour réfléchir, ni pour trouver un équilibre entre dialogue et violence. Ce sont des chasseurs, impatient et volubile, dans un monde inconnu et cruel.En outre, les autorités, les supérieurs de ce général excentrique et très capable, ne semble pas se presser pour le rencontrer. Après le terrain, vient le moment pour lui de convaincre les responsables. Le chef des armés, la coalition… Rien n’est simple, mais il est convaincu et progresse vers son objectif au long du film.On voit dans ce personnage un brin d’intelligence dans un monde de chiens. On imagine assez bien, que pour tous les responsables ce conflit est préoccupant, mais que leur temps est soigneusement investi. On se demande aussi, si la bureaucratie a du sens, si elle finit par fonctionner, car la voix du général ne porte pas. Entre les rapports et les avis du secrétaire d’état, on en finit pas de laisser mourir de précieuses informations et on comprends en tant que spectateur l’importance du jeu politique qui gouverne les gouvernants. Ainsi, on ne peut que s’attacher à ce personnage obstiné et à la petite bande qui le suit. Il fait l’effort, et pour n’importe quel stratège on entrevoit la prouesse qu’il tentait d’accomplir sur une zone de guerre.Bien que cela ne soit pas aussi bien présenté dans le film que je m’y attendais, il interroge tout de même sur la guerre contre-insurrectionnelle, sur la nouvelle occasion que nous avons eu de la repenser et sur les raisons de cet énième échec. On se demande aussi, et le film est construit de telle manière que nous sommes forcés de nous interroger, si la configuration actuelle des démocraties et des relations internationales, n’empêche pas radicalement un général de « faire son travail ». Les moyens sont mal utilisés, l’objectif n’est pas limpide, finalement on ne sait pas ce qu’on fait, dans un endroit où on ignore ce qu’on est venu faire. A l’intérieur du film, la faute revient à des politiciens qui n’ont pas le temps d’y réfléchir et ne considère pas les options convenablement. Pire encore, la faute nous reviendrait presque, à nous citoyens, à la seconde où la stratégie est rendue publique par une conférence de presse.On se gratte bien de se moquer d’incohérences dans les politiques qui pourraient converger vers une réussite du plan du général. A cet exemple, on peut citer une scène où le personnage s’interroge sur les raisons de la multiplication de champs de pavots destinés à la fabrication d’héroïne ou d’opiacés, là où des subventions américaines sont offertes aux paysans pour cultiver leurs terres. Parce que le congrès interdit les pays qui bénéficient de telles aides de cultiver des produits susceptibles de faire de la concurrence aux produits du marché américain, comme le coton. D’où les balles dans le pied qui font danser tous les pays en conflit, en permanence, au rythme très rapide de la planche à billet (au moins 180 BPM).Un film qui se place donc dans un décor de guerre particulier. La violence et la scène de flingue ne sont pas au rendez-vous, tout est dans le mindgame. On en apprends beaucoup sur ce mindgame, qui est en outre assez bien revisité par un humour très gras. C'est une satyre, une critique évidente d'une machine de guerre sans cerveau à sa tête. La Warmachine, ce n'est pas vraiment Brad Pitt. Il ressemble à Joseph K. dans le Procès de Karfka, à cet individu coriace qui ignore jusqu'aux raisons de sa présence, qui se bat élégamment contre les rouages d'un système qui le dépasse. A ceci près que le général connait la guerre, et les rouages de la Warmachine. Il ne fait que les inspecter, les tourner dans tous les sens, dans l'espoir d'atteindre un but intéressant.On est là dans la planification d’une guerre, dans les bureaux et les salles d’attentes, les ambassades et les cocktails, parfois sur le sable et dans les tentes. On assiste à des manœuvres stratégiques d’ordre politique, dans l’espoir d’obtenir des moyens, de faire bouger les lignes.En définitive, c'est une critique amusante, qui fait un pied de nez sympa aux films de gueguerre bête et méchant (qu’on adore aussi). L’humour est plus léger que dans Jarhead (qu’on recommande aussi ptn), plus potache aussi, et assurément plus présent que dans Full Métal Jacket, Apocalypse Now, Il faut sauver le soldat Ryan ou la Chute du Faucon Noir.Vous pouvez donc aller regarder Warmachine, le film de guerre pas comme les autres, ou vous intéressez à d’autres articles pour trouver un truc potable à mater.