Freddy, les griffes de la nuit (2010): un cauchemar en puissance

freddy_krueger_wallpaper_by_hunter_nightmare.jpg
freddy-krueger0430-1984-2010-freddy-credit

freddy-krueger0430-1984-2010-freddy-credit

nightmare-on-elm-street-remake

nightmare-on-elm-street-remake

Freddy-comparaison

Freddy-comparaison

article-freddy-les-griffes-de-la-nuit

article-freddy-les-griffes-de-la-nuit

Intrigué par les films d'horreur emblématique depuis tout peu, il fallait s'intéresser à Freddy Krueger. Juste pour faire chier le monde, j'ai entrepris de commencer par le dernier en date (c'est à dire ni le premier, ni le meilleur, ni le plus connu).Présenté comme un film d'horreur, autour du personnage de Wes Cravens, on ne découvre presque rien de cet univers. Il semble qu'un imbroglio de souvenir de la génération 90 soit imprimé en toile de fond sur chaque spectateur qui connait et reconnait ce bon Freddy. Aimable grand brulé, capable de transiter dans les rêves et d'y donner la mort dans son pull rouge de jardinier; il est légendaire.Malheureusement, ce remake produit par Michael Bay répondra plus du Teen Choice Award que du registre culte auquel je pensais naïvement m'intéresser (même en attaquant Freddy par la dernière production). Il a semble t-il été conçu pour réamorcer la magie des 7 premiers (7 films ptn, toujours avec le même acteur d'ailleurs !).C'est surtout une gigantesque machine à frique (35 millions en ont rapportés 112) qu'on aimerait bien réactiver en séduisant bien comme il faut le teenager prépubère qui veut se faire peur, mais pas trop.Je crois ne jamais avoir vu meilleure caricature sans en comprendre le sens, que celle de Rick et Morty. Scary Terry c'est le Freddy Krueger de 2011. Il était bien évident que c'était Freddy, oui. Mais chaque putain de scène, d'interrogation et de bêtise détournée dans Rick et Morty est là, en 2011, quasi-irréelle tant elles sont risibles.A l'exception de deux ou trois trucs qui répondent très exactement à l'idée que je me faisais de l'univers et qui sont assez impressionnant à première vue (notamment l'apparition de la griffe dans la baignoire et un trucage assez habile où l’héroïne s'enfonce dans un couloir de sang en fuyant son cauchemar), tout est assez décevant.On vous prends globalement pour des débiles. Mais à un niveau plus poussé que dans certains films, qui sont déjà assez mauvais. Si vous n'avez jamais vu de film de votre vie, que vous ne connaissez pas les codes, les usages et les manières de présenter un détail, de développer une histoire, ou que sais-je encore bordel, alors vous allez encore trouver ça grossier. Dès qu'on vous montre quelque chose, parfois d'une manière un tantinet subtile, un personnage inventé pour l'occasion viendra souligner une, voir deux fois, ce qu'il vient juste de se passer. Parfois le sujet de l'action lui même le répétera au cas où.Ce genre de chose crée un vide gigantesque. Un vide démentiel. Ce dernier n'est pas comblé par le personnage de Freddy (que tu attends au tournant) qui possède une grosse voix, une main équipée d'une griffe, et qui fait exploser les gens sans raisons au milieux de leur sommeil. Pas très inventif pour un sadique, et cela se traduit en quasi permanence par des punchlines sans goût, dans une course effrénée contre la mort. Celle ci se traduit à son tour par une course effrénée contre le sommeil, car la seule chose qui est assez stylé (et qui explique probablement le génie du premier film que nous commenterons tout bientôt sur ce ptn de site) c'est bien la dimension onirique et la surveillance permanente du spectateur.Le fait que les personnages s'endorment assez souvent, permet une chasse à l'instant crucial où tout va basculer. En général, le film permet des transitions assez fluide au départ, avant d'amener un gimmick cheum et la grosse voix de Freddy. Vous l'aurez compris, c'est la grossièreté qui gêne un coup de maître. Les ficelles sont grossières, et in fine vous n'aurez pas peur une seconde. Vous ne serez pas spécialement attiré par l'histoire en flux tendu sous l'image, et la narration en elle même ne comporte aucun intérêt au vu de la pouissance de l'idée initiale.On passe juste d'un personnage à l'autre, quasiment sans explication. Au début, la seule à retenir pour que le personnage ne dur pas plus longtemps, n'ait pas un sens dans l'histoire, c'est qu'il vient d'exploser ci et là pendant une petite sieste. Donc on amène son remplaçant, qui commence tout juste à rêver de Freddy. De remplaçant en remplaçant, ils finissent par trouver un embryon d'explication, et "résoudre le problème".La résolution est assez chaotique, et ne mérite même pas qu'on en parle. En vérité, vous laissez vous taper l'heure et demie de film pour la connaître, c'est l'expression même du sadisme qui manque à Freddy en 2011.

CinémaCharal