Le Punisher: Enième série sur un héros Marvel ou renouveau du super guerrier ?

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William-Rawlins-in-Teaser-for-the-Punisher

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Comme d'ordinaire, on se pose les bonnes questions. Aujourd'hui, on traite le cas du Punisher qui pointe le bout de son nez sur Netflix après Jessica Jones, Daredevil, Luke Cage, Iron Fist et les quatre ensemble dans Defenders contre une menace plus grande.La brochette de bons hommes (et de bonnes femmes) qui luttent contre le crime est au complet ! -Krsssh, ah merde. On me dit dans l'oreillette que non. Apparemment pas, puisqu'on vient extraire le Punisher de la seconde saison de Daredevil pour lui offrir un show à part entière. Le retour de Frank Castle est acté, cette fois incarné par John Berntale.Vous connaissez John. John jouait Shane dans les premières saisons de The Walking Dead. Il a eu quelques difficultés à percer au cinéma (et à survivre dans l'ombre de Rick), malgré de très belles performances (comme le fait qu'il compte parmi les hommes du groupe dans le film Fury, ou son rôle dans Sicario), mais étant donné le nombre de film en préparation avec lui on imagine que le Punisher vient de mettre un coup de pied au cul de sa carrière.A limage de Daredevil, j'avais en tête les films sortis lorsque nous étions petits. Le Daredevil avec Ben Affleck; oui Ben ne sera jamais Batman, et je nie cette occurrence, car Ben a toujours été Daredevil lutant contre Bulleye (Aka Collin Farrel), Wilson Fisk (Michael Clarke Duncan avec une chemise XXXL et une canne avec pommeau en diams), et Jennifer Garner au top de sa forme en bonus.  entendait des punchlines comme "Hey ! That light, in the tunnel; guess what ? That's not heaven, that's the C train !" avant qu'un mec se fasse couper en deux par l'équivalent du RER C.https://www.youtube.com/watch?v=x08aKEAqXv4True story. Des films Marvel ont déjà été fait il y a plus de dix ans, et maintenant on fait revivre tout ça comme si de rien n'était. Ben Affleck devient Batman et, comme aveuglé par ces gadgets de pacotille, renie son passé en tant que Daredevil. Dans la même veine, nous avons eu un film The Punisher avec Thomas Jane dans le rôle de Frank Castle et John Travolta (incarnant Howard Saint, à l'époque où John jouait des méchants divers).Qu'à t-on à dire sur ce Punisher de notre enfance ? Qu'il apporte des aspects assez 2000 du super héros, à la fois cheap et stylé. Et ce, tout en préservant sa progression graduelle vers l'accomplissement d'un objectif unique. Il y a ce côté assez risible d'une mise en scène évidente, où tout se passe avec de grosses ficelles et où les lenteurs n'existent pas. En tout et pour tout, la construction du personnage dure, six ou sept minutes dans ma mémoire.Les sentiments sont grossiers, toutes les émotions transmises nous nourrissent instantanément. Il n'y a quasiment rien à digérer. Mais quand on était gosse, on en avait rien à carrer que tout soit évident, on comprenait bien et ça nous paraissait fluide. On raffolait des scènes qui n'avait aucun sens et des mecs projetés sur une ligne de métro par un aveugle extralucide vêtu d'une seule pièce de cuir bordeaux. On raffolait aussi du Punisher avec son espèce de Mustang blindé qui vient niquer des mères de tout côté.https://www.youtube.com/watch?v=G59cD1NSbS8 On a tout ici, des gros balèzes avec des lunettes de soleil qui allument un dock avec des zippos après avoir arrachés le futur de la famille du punisher pendant "la première réunion depuis des lustres". Lui qui court avec un flingue en criant, et le germe de la haine, de la vengeance et de la violence passionnelle, visible dans ses pupilles en feu. Il est prêt, en seulement 55 secondes, à déployer tous les spéshialz skillz que les États Unis d'Amérique ont investis en lui pour fumer des bandits, en fumant des bandits. Wooaw.Mais n'oublions jamais, que quand on était gosse, ça nous rendait ouf. D'autant que tout n'est pas à jeter. Ça a clairement façonné notre manière de faire aujourd'hui, et à l'époque on parlait déjà de succès. Si on regarde le message subliminal de la bande annonce, personne ne cherche à nous mentir sur le contenu du film. On sait pertinemment ce qui nous attend. A savoir ? Au bout de 50 secondes on sait que les méchants "were god damn wrong" de lui casser les reins et à partir de là; travelling sur des flingues, flingues, menaces, gros plan sur un flingue et un punisher vénère, Travolta met des air patates dans son bureau, torse nu + menaces, hommes de main +double flingue + menaces, saut en voiture, couteau papillon, dérapage, flingue, police + flingue, baston, flingue, canons sciés, grande machette + torse nu, coup de couteau dans le ventre, un Où est charlie stéroïdé te jette à travers ton appart et se prend un coup de grille pain en pleine tronche, dérapage en moto + Arc (oui, un arc ptn), explosion de bateau, chalumeau, flingue, explosion, rechargement de fusil à pompe, dérapage, flingue, explosion, coup de pied sauté, attention ça va partir en live; explosion/flingue/voiture/métal/flingue/explosion/voiture/hurlement/coup de tatane/flingue LOGO EN SURBRILLANCE.Voilà ce qu'on regardait et adulait. Et maintenant, à quoi ont droit les gosses et surtout à quoi avons-nous droit en regardant le Punisher ? Je vous le donne en mille. Que vous cherchiez un programme éducatif pour votre gosse ou même pour vous divertir, vous n'avez strictement rien à foutre ici.https://www.youtube.com/watch?v=lIY6zFL95hEPas besoin de vous réécrire la bande annonce, vous la sentez la grosse inspiration. Ceci étant, on a à faire à des militaires, des CIA'z operationz', le FBI'z et des points de suture, à la place de John Travolta...Exactement comme dans le cas de Daredevil, tout est plus propre, plus épuré, et plus long dans l'adaptation. Il y a des lenteurs, des intrigues qui se goupillent, des personnages secondaires récurrent qui ont une légère importance et un réel travail autour des méchants, des situations. Aucun cliffhanger trop badass ni de truc tellement absorbant qu'on devient dingue, mais une dynamique intéressante qui respecte des prérequis liés à la construction d'une histoire que nous attendons. J'imagine qu'un fan absolu de comics conchie ce genre de mise en scène, mais quand t'as 8h à tuer c'est pas si dégueu sans être le mieux que tu puisses trouver. Il faudra se borner néanmoins à choisir un héros, et ne pas regarder 50 ou 60h de série Marvel sur Netflix car cela ne vous servira à rien. Ayant l'habitude de ce genre d'initiatives inutiles, je me lançais sans appréhension dans le punisher. Après le premier épisode j’eus arrêté net, et sans autres formes de procès, si on ne m'avait pas dit "poursuis ta lecture du Punisher jeune énergumène, tout cela va se débloquer". En effet, la lenteur caractéristique et habituelle du premier épisode avait quasiment emportée ma détermination dans son ensemble. Mais ça se révèle de moins en moins merdique avec le temps.Le fait que le punisher soit déjà "mort" par deux fois au début de l'intrigue est légèrement complexe. Il fait son grand "retour" et veut en finir. Petit à petit, le personnage se construit et retrouve ses repères. Les quelques grossièretés suscités sont bienvenu, car elles font partis de l'univers du Punisher; assez rustre et laconique par nature. Empreint d'une philosophie assez particulière, bourru sans arrêt, cette tête de mule des Marines rivalise pourtant d'intelligence pour tendre des pièges, prendre l'avantage en fin stratège et in fine latter les têtes pensantes de sa descente aux enfers. Et pour cause ! Il en revient à bout de bras et y embarque tout le monde en tirant une mou du début à la fin de la saison.Alors, qu'y a t-il d'intéressant dans cette série ? Presque rien. De la baston pure, assez mal structurée et découpée, à l'exception de certaines scènes; notamment celle qui revient sur le passé du vétéran et montre une sorte de mode rampage digne des états de service de ce bon Frank.L'intrigue est classique, assez attendu, mais la manière de la développer ne comporte que très peu d'intérêt. C'est encore ce grey hat, assez balèze, qui défonce des gens avec toutes sortes de calibres et une fliquette mignonne, zélée, qui se fait sauter par le traître de service. Ah et y'a un méchant à un œil aussi.La seule chose que j'ai appréciée dans cette série (bien que je sois un grand amateur d'explosions, de vidage de flingues de tous les calibres, de méchant à un œil et de fliquette zélée) c'est le rapport qu'entretiennent Frank et Micro. Micro est un agent de la NSA impliqué dans toute l'affaire qui a mit Frank dans la merde, et qui a survécu par miracle à son assassinat déguisé en arrestation. Depuis une cave, ce dernier épie sa famille convaincue qu'il est mort ce jour là. Il devient le chef opérateur de Castle, son oeil numérique. Il lui permet ainsi d'avoir une expertise différente de la sienne.Ils se ressemblent mais demeurent différents, se complètent d'une manière assez équilibrée. Cela peut paraître naïf, mais j'aimais bien le fait que ce soit téléphoné à 25 bornes. Ce duo de choc régale les troupes d'élites de l’État à chaque épisodes. Parallèlement, le Punisher, qui souffre du fait que sa famille ait été assassiné, observe Micro souffrir de ne plus pouvoir entrer en contact avec la sienne. Là où la bêtise un peu abusé de Marvel commence, s'arrête une fracture qui eût été fascinante à exploiter; la réunion tendancieuse des éléments en présence des uns et des autres. Comme si le Punisher venait à absorber ce qui fait la force de son allié pour se défaire de sa vengeance. En gros s'il essayait de niquer sa femme. M'enfin, ne rêvons pas. Le Punisher est courtois et son code de l'honneur dépasse largement ces considération animales.

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Bref, la morale de cette histoire c'est qu'on ne peut pas produire une bagarre (qui plus est stéréotypé de A à Z) et un conte de fée à la fois. Autre morale de l'histoire; il faut commencer à s'éloigner des séries Marvel, et cesser d'accréditer les délires d'équipes entières (des dizaines et des dizaines et des dizaines de créateurs, techniciens, marketeurs, etc...) vers la surproduction de ce genre de chose. Clairement, il faut que tout cela s'arrête. Il faut que nos petits yeux arrêtent de se braquer sur la dernière connerie à la mode et sans valeur, mettre leur voyant dans le rouge et passer à autre chose. Je regrete que ce soit un personnage comme le Punisher, dont le premier film a un ancrage dans mon enfance, qui attire mon attention sur ces questions. Mais là y'en a marre.Il existe d'autres modèles de Héros que Castle, Murdock, Parker et j'en passe. Il existe d'autres modèles et d'autres manières de faire. Là on tourne un peu en rond de manière générale, bien que pour le cas présent la série affirme une rupture catégorique dans la narration avec le film auquel il aimerait ressembler sans s'en réclamer. Il y a une evolution, mais aucun renouveau. Le héros est standardisé et ça ne donne plus rien.Daredevil, vu le côté kitsch du film, avait parfaitement réussi cette transition en installant une ambiance très terne. Tout était très long, mais c'était le prix à payer pour explorer les subtilités du personnage. On avait vu la seconde saison partir en live avec un nombre impressionnant de Ninjas dans les égouts, certes. Mais on avait forgé un héro à part entière, en prenant le temps de lui opposer une farouche antithèse, le Fisk.

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La chose fascinante dans le Punisher, demeure qu'il est aussi dangereux pour les héros que les vilains. Son ambivalence lui permet d'être instable, et pourtant son éthique (sa réflexion sur la morale) est limpide. La saison une est la construction, ou plutôt la reconstruction d'un personnage très partagé. Ce qui reste digne d'intérêt est parasité par tous les éléments que j'ai cité, et ce à un tel degré qu'on a du mal à se dire que tout cela faisait l'objet d'une planification rigoureuse. Rien ne répond de l'incroyable ou de la stupéfaction.A ce stade, j'aurais préféré que le Punisher soit resté le personnage secondaire que nous voyons dans Daredevil. Au fond je n'en sais plus rien et je vous demande d'aller vous faire un avis par vous même. Si tout ça vous a convaincu, foncez. Sinon, trouve toi autre chose à mater, genre un truc que je te recommande vraiment. 

TélévisionCharal