"This place is under new management." : Le monde des séries, ébranlé par les Peaky Blinders.

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Oyez, oyez ! Oyez ! Gentes gens ! La saison 4 de Peaky Blinders montre le bout de son nez pour Noël !https://www.youtube.com/watch?v=GURo5rIMChUAvant de commencer, une mise au point est impérative. Si tu n'as pas regardé les trois premières saisons, quitte cette page et va expédier ton cul devant pronto. Il t'en coûtera légèrement plus que 10h de ton temps et un paquet de mouchoirs (pour essuyer quelques larmes, pas mal de sang, et la bave qui te tombera de la bouche quand un caillot de sang bloquera une veine de ton cerveau vers la fin de ton marathon).On ne va pas s'étendre sur ce qui vaut le coup dans Peaky Blinders. Disons que je parle à un public par nature amateur de séries très bien foutues, léchées à l'image, avec un univers dont on se délecte volontiers chaque année.Pour la petite info, si t'es encore là mais complètement novice dans ce monde déchirant, les Peaky Blinders sont les membres d'un gang éponyme qui sévissait en Angleterre après la première guerre mondiale. Peaky renvoie à la visière de leurs casquettes (casquettes qui pullulent sur la tête de connards qui veulent ressembler à des bandits anglais aujourd'hui), dans laquelle était cousue une lame de rasoir. Les grands coups de visière dans le visage eurent tendance à aveugler la victime, ce qui permettait de prendre son temps pour la détrousser.Bien évidemment, si la série commence sur les crevards de Birmingham, on a tôt fait de voir la famille Shelby s'extraire de ce trou boueux pour tirer les ficelles d'un monde criminel bien plus riche. Pour mémoire, la saison 4 commence lorsque la famille a enfin pu "légaliser" ses activités et ainsi entrer dans l'univers discret des corporations. Gigantesque réseau d'entreprises, détenu par des méta-compagnies, revenant à la famille et organisant son pouvoir. Gérées depuis plusieurs continents, les affaires sont florissantes, mais les problèmes formulés dans la saison 3 reviennent au galop.C'est donc une saison qui opère un retour aux sources, qui vient unir la famille dans des coups durs et fumeux tout droit sorti du passé. Au casting on retrouve bien sûr Cillian Murphy (Chef de meute de bandits anglais, seul au monde dans 28 jours plus tard, et épouvantail dans Batman Begins) aux côtés d'Adrian Brody qui se la joue mob Italien poussiéreux et sévère.Il faut donc bouger son gros cul pour trouver un moyen de mater cette série et ses derniers épisodes en vitesse. On a droit à des scènes d'une intensité phénoménale, de l'argot de faubourg britishisé et je ne sais combien de coups de sang aussi jouissifs que désorganisés.Quand bien même cet univers est pour peu romancé et sorti de l'imaginaire de son créateur, la griffe esthétique est époustouflante. On retrouve des ambiances, des tranches de vie, des mimiques, digne d'une réalité qui ne nous appartient pas. L'intrigue est toujours assez prenante, et le jeu des acteurs facétieux autour des dialogues et dans les secrets, déroulent exceptionnellement bien les éléments d'une histoire qui n'est jamais téléphonée. En définitive on aime à se retrouver au milieu de ces parias, nouveaux riches et vieux mafieux, pour des accords et des règlements de compte à l'ancienne.On voit dans leurs faiblesses et face au danger, quels humains ils sont et comment les intelligences qui les promènent savent user de leurs caractères respectifs pour mettre des chiquettes à l'intrigue. La série ne s’essouffle pas car elle montre à plusieurs reprises que tous les personnages sont dispensables. Si au fur et à mesure elle décide de faire l'économie de certains d'entre eux, d'autres sont constamment menacés. Menacés de mort, de changer, d'évoluer... Les circonstances, les situations et l'opulence que rejoignent progressivement les personnages, viennent aussi tourmenter la manière dont l'histoire suit son cours.De toutes les séries qui traitent de banditisme, il faut mettre cette dernière à part. D'abord parce qu'elle s'efforce de reconstruire autant que créer un nouveau monde. Les villes pleines de Fog, de petites ruelles, de Pubs crédibles et d'ouvriers charbonneux, façonnent une atmosphère unique.On voit aussi souvent ces murs de briques écarlates, ces paroles de gangsters échangées sur un champ de course ou dans une usine vide. Personne n'avait poussé le vice aussi loin, lui avait offert une imagerie aussi précise et aussi recherchée. Surtout pas en mettant tout cela en scène dans une série où chaque épisode se mérite et dure une bonne heure. Prendre le temps a enfin du bon, du très bon.Au delà de ça, de ces décors fabuleux, le personnage est habillé à la hauteur de son rang. On sent ce souci du détail, dans l'apparence, que les mafieux de toutes les espèces ont toujours partagé et eu à l’œil. Il faut aussi mentionner cette extravagance, ce layering de complexité, qui est sublimé par ces gueules cassées dans de beaux tissus. Assez représentatifs par moment, de certaines nobles contradictions qui habitent ces monstres élégants, leurs fringues cachent des enfants terribles stylisés avec un code de l'honneur en acier trempé. Mais demeurent quelques petits à côté assez disgracieux qu'il convient d'oublier ou de faire oublier.Bref une belle image, affinée au coupe chou et adoucie à l'eau de cologne d'avant guerre, pour ravir nos yeux l'espace de quelques heures.Si tu te fais chier, commencer ou poursuivre Peaky Blinders apparait comme une riche idée. Sinon tu peux bouger ton cul vers le Menu pour trouver autre chose, et nous suivre sur FB. Allez, on y va !