Paul Bocuse, le cuisinier du siècle.

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Quand-Paul-Bocuse-inventait-sa-soupe-de-truffes-devenue-la-soupe-VGE.gif

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"Je pense que la cuisine, on peut la considérer comme de la peinture, comme de la musique. On peut peindre avec beaucoup de produits, beaucoup de couleurs. On peut peindre avec des produits beaucoup plus simple, avec un crayon ! Et on arrive à faire un dessin. On peut jouer de la musique tout seul, on peut diriger un orchestre; et c'est ici un peu le cas. Je dirige peut être un orchestre."Et Paul Bocuse poursuit la métaphore filée; "Je dirige une équipe de cuisinier. Il y a le saucier, qui peut remplacer le premier violon. Il y a le rôtisseur, qui peut remplacer l'alto. Et aussi, on peut cuisiner seul...". La cuisine est donc un véritable orchestre, ou la magie simple de Paul Bocuse peut opérer. Toujours proche d'une élégance traditionnelle, le cuisinier du siècle nous a quitté, en laissant derrière lui un parcours qui doit entrer dans la légende.https://www.youtube.com/watch?v=tMBTbpT8Df4Il pose ainsi une histoire de la cuisine, parle des modes, des méthodes et raconte un petit peu sa vie autour d'un poulet au gros sel. De sa formation dans un "restaurant de guerre" où il apprenait à tuer le cochon, jusqu'à ses apprentis de l'époque qui font des sauces pour ses salades gourmandes, il s'invite chez vous en vous présentant ce qu'il y a de plus noble dans la cuisine française.Si vous ignorez l'existence de Paul Bocuse, vous avez manqué un monument du patrimoine culturel français. Un monument vivant, un chef extraordinaire pendant des décennies ; il a été l'un des plus illustres et renommés des chefs français. J'aurais tendance à dire, au vu de sa vie et de sa mentalité, qu'il était de loin le plus légendaire d'entre eux. Tant de part ses aptitudes entrepreneuriales, son talent, que sa vision inspirante dans le monde de la cuisine, ou son franc parlé, son passé de résistant... mais aussi de part l'héritage qu'il a su conduire, et qu'il tient des Brillat Savarin, des Escoffier et des Gaston Richard. Tu la sens, la position de patron ?[gallery ids="4455,4456,4457" type="columns"]

Brillat Savarin (1755-1826), Escoffier (1846-1935) et Bocuse (qui pose avec ses moules à gateaux en cuivre, ses homards et ses pièces montées, tout à fait calmement).

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France Food Paul Bocuse

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Ça change de tous ces putains de tocards qui passent jour et nuit sur toutes les chaines pour juger des apprentis gougnafiers qui ne font que "tout revisiter" et moléculariser des plats normaux pour donner un goût de fraise au poulet braisé dans une chips de topinambour à la mousse de marron au Yuzu. Non là, on a la veste de cuisine impeccable, les pompes bien cirées et une coupe de cheveux présentable. On a une brigade bien soudée, qui court dans l'arrière boutique d'établissements somptueux, pour dresser des assiettes que les gastronomes du monde entier envie. Lorsqu'on demande à Bocuse ce qu'il aime manger au cours d'une interview, il confie admirer les cuissons à la broche qui se révèlent hypnotisantes, et il berce de compliments l'authenticité d'un bon Pot au feu, d'un coq au vin...Bocuse c'est d'abord le maître de l'exécution. Un orchestre répond d'un chef, et chaque musiciens possèdent une partition. Il faut jouer dans le ton, les bonnes notes, et c'est là une affaire de reproduction stylisée par les artistes en place. Il regarde le monde et l'importe dans la cuisine, parle de tout et présente une intelligence extraordinaire. Il recherche l'harmonie dans ses plats, dans ces moments qu'il offre à des gens qui sont plus que des clients. L'amour du produit, de l'animal, va faire se scandaliser tous les vegans patentés qui ne comprendront jamais comment ce grand cuisinier connait la nature. La réponse est la suivante: à un point inégalable, tout en l'aimant et en la respectant."Cette volaille, je m'en vais la garnir de gousse d'ail. Mais de gousses d'ail non épluchées, car l'ail non épluché parfume sans trop prononcer son goût." On dirait de la littérature là. Grand chasseur, grand pêcheur, grand gourmand aussi, Paul Bocuse est un homme de tradition, complet et respectueux des arts de la table comme de la venaison qu'il pose dessus.Faisons un point sur sa vie, maintenant que nous avons introduit sa renommée. S'il fallait présenter ce narvalo authentique, on pourrait commencer par dire qu'il est né dans une cuisine en 1926, dans l'Auberge du Pont de Collonges. Il hérite là bas, d'un savoir faire qui se construit depuis plusieurs générations (le sang des cuisiniers coule dans ses veines depuis le XVIIème, on ne nait pas popotier par hasard chez les Bocuse), et il propulsera l'établissement au Michelin après avoir fait ses armes.Où fait-il ses armes ? Dans la première division française libre ! Cette dernière ne sera arrêtée que par la reddition de l'armée allemande le 2 mai 1945. Bocuse est blessé en Alsace et les soldats américains qui le prennent en charge lui laisseront un souvenir inestimable. Ils lui tatoueront un coq français sur l'épaule gauche, et le jeune homme fait alors ses premiers pas dans la légende.Il va travailler chez les plus grands à Lyon et Paris pour parfaire sa formation, avant de rentrer à l'auberge familial pour se consacrer à la réussite de son établissement. En 1961 il est meilleur ouvrier de France et compte 3 étoiles au Michelin depuis 1965. Tout ça signifie simplement, que les pontes des pontes du milieu lui ont octroyés les deux plus hautes distinctions possibles et imaginables.Bien sûr Bocuse est un ancien, un homme de la campagne, qui n'aura de cesse de populariser son art en le sortant des salons pompeux. Dès 1994, il va ouvrir des brasseries dans Lyon. Au quatre coins de la ville on retrouvera Le Nord, L'Est, Le Sud et enfin l'Ouest. Bocuse propose de la haute gastronomie sauce bistro aux amateurs de boustifaille à des prix plus modérés. Il va aussi créer des instituts et des écoles qui permettront à de nombreux talents d'exercer la cuisine orchestrale chère à son cœur !Il meurt le 20 janvier 2018, à 91 ans, des conséquences qu'impliquent la maladie de Parkinson. Une telle histoire ne s'arrête pas chez les vivants, et encore moins chez les bons vivants que sont les cuisiniers, par la mort d'un homme. Il a passé sa vie à laisser entre les murs et les assiettes, une passion pour l'une des disciplines les plus nobles et créatives à laquelle l'humain se consacre. Élaborer ce qu'il en viendra à manger. L'élaboration atteint un niveau tel de classicisme, de maîtrise et d'inventivité entre les mains de Bocuse (et entre les petites mains qu'ils dirigent et grandit) qu'il ne pourra pas être oublié.L'hommage vibrant rendu par ces pères est une preuve que tout n'est pas perdu dans certains mondes, et que dans celui de la cuisine il reste une discipline comme un respect qui force l'admiration. C'est vêtue de sa veste de cuisinier et fier de porter la médaille de meilleur ouvrier de France qu'il est enterré là où il est né. Grande classe.Je vous invite à regarder quelques livres, témoignages et documentaires sympathiques sur sa vie et son œuvre, ou à le voir s'affairer en cuisine lors de ses jeunes années. Du grand art en barre ! Pour apprendre à aimer ou progresser.Allez, soutiens nous en posant ton like sur Facebook et ailleurs ! 

Gaillards solidesCharal