DoggyBags: suspense, frisson et horreur ?

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Si tu t'intéresse un tant soit peu à la BD française, au cinéma d'animation ou même à Orelsan (allez, on te l'accorde aussi), t'as sans doute dû entendre parler de RUN (a.k.a. Guillaume Renard, fondateur du Label 619 et trublion génial de la BD) et de son futur long-métrage Mutafukaz. Adaptation cinématographique d'une oeuvre publiée pour la première fois en 2006 et éditée par les indéboulonnables d'Ankama, Mutafukaz c'est un petit bijou de la BD de genre (quoi que ça veuille dire), qui fait la pare-belle aux références à la pop-culture, aux niquage de bouches, aux extra-terrestre belliqueux, au pétage de plomb généralisé et à l'hémoglobine sous toutes ses formes. On attend donc de pied ferme que ce cher RUN se trouve enfin un ptn de distributeur, histoire qu'on puisse une fois pour toutes poser nos yeux sur le bousin et vous dire ce qu'on en a pensé, d'autant qu'avec la BO composée par Toxic Avenger, ça risque d'envoyer du lourd.

Bon. Maintenant qu'on en a fini avec l'actualité de l'auteur, on va pouvoir parler du véritable sujet de l'article, le précédent projet de RUN: DoggyBags.

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Chaque  volume mériterait un cadre et une place de choix sur les murs de ton salon, heureusement ils sont pas chien chez Label 619 et chaque numéro est vendu avec un petit poster pour assouvir tes besoins de collectionneur raté. 

"Mais c'est quoi DoggyBags ?"

Eh bien je m'en vais te répondre de ce pas, facilité d'écriture grossière. DoggyBags c'est une série de BD publiées entre 2011 et 2017, fruit de la collaboration de nombreux auteurs et dessinateurs français et étrangers unis par une même passion: celle de la littérature pulp, sa violence décomplexée, son humour potache et son caractère intrinsèquement provocateur.

L'auteur défini son oeuvre (collaborative) comme un hommage aux comics parus avant la création du CCA (pour Comics Code Authority), sorte de Code Hays supposé protéger les innocentes têtes blondes américaines de l'influence délétère des comics, en supprimant les références au sexe, à la violence, aux armes, au tabac, aux loups-garous (?) et en interdisant de ridiculiser les figures d’autorité (ah on comprend mieux), mais aussi aux films de Hitchcock et (on l'en soupçonne en tout cas) au magazine Mad, qui vit le jour justement pour contourner le CCA.

CCA1

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Chacun des numéros est composé de 3 one-shots indépendants, distribués sur une centaine de page qui se veulent un condensé d'histoires surnaturelles, d'horreur, ou de faits divers au sein desquelles on croise volontiers  Katsumi, des assassins, des vampires,  des flics ripoux, Ben Laden en zombie, des créatures que n'aurait pas renié H.P. Lovecraft et au moins autant de psychopathes divers prêts à taillader femmes et enfants après avoir cru entendre quelques mots du Saint Père.

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Cerise sur le macchabée, les chapitres sont ponctués de petites fiches très bien foutues qui nous en apprennent un peu plus sur le ou les fait divers qui auront inspirés la nouvelle ou sur un élément de l'histoire qui leur aura paru intéressant.

Ces petits récits gores sont l'occasion pour le crew de DoggyBags de jouer aux chaises musicales avec les rôles des uns et des autres mais aussi de faire appel à toute une chiée d'artistes talentueux (et parfois inconnus au bataillon) pour endosser diverses casquettes. Ainsi, les auteurs se passent la plume, les dessinateurs les crayons et chaque volume est une petite pépite inédite d'irrévérence, de twists plus ou moins inattendus et de mandales graphiques à te déchausser les dents du fond.

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Quelques uns des énergumènes croisés au fil des pages de DoggyBags. Pas plus, après on gâche la plaisir.

C'est cette espèce de roulette artistique qui fait une bonne partie du sel du format. J'y ai découvert plein de types (et de nanas) qui faisaient un taf de dingue et dont je n'avais jamais entendu parler. Et si les histoires ne se valent pas toutes, ça a au moins le mérite de prouver que les gens qui ont bossé dessus n'étaient pas tous des clones et ont tous apporté leur propre pierre au bordel. En tout cas, à en juger par les innombrables pages de fausses publicité à la con et autres merdouilles collector qui jonchent ses pages, les auteurs de DoggyBags ont l'air d'avoir pris autant de plaisir à le faire que moi à le lire, et ça c'est beau putain.

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