Gangsterdam : est-ce que les producteurs arrêteront un jour de financer les navets de Kev Adams ?

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Il y a une question que je me pose, c’est celle de la rentabilité de cet adolescent qui va vers la trentaine à reculons. Plus il avance, plus c’est débile. On pouvait autrefois pardonner une sitcom M6 qui se déroulait sur un banc public en Nike requin, ou un écart de jeunesse dans un, deux ou trois navets. Mais à ce stade, que nous reste-t-il ?

Gangsterdam est un film qui propose de suivre Kev, grimmé en étudiant en droit coincé, lors d'un trip à Amsterdam. Il est bien sûr recruté comme passeur, par hasard par l’un des bandits français les moins crédibles au monde : Manu Payet. Pour des raisons évidentes de crédibilités, ils ont dû lui ajouter des cicatrices de varicelles et un costume sombre ; mais je vous rassure, ça ne tient toujours pas la route. On se demande à quel genre de came le directeur de casting pouvait bien tourner. Un truc vénère, c'est sûr.

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Bref, Manu Payet envoi donc Kev Adams et une gonzesse (Manon Azem, Aka Mireille d'en passant pécho) chercher de la Weed au pays du quartier rouge, du gouda et des vélos, pour en faire trafic en France (enfin on imagine, bien que ça n’ait aucun sens). Ils s’y rendent, rencontre un gros black nommé Ulysse, procède à la récupération du paquet et rentre en France avec le Thalys. Bien sûr, ils sont fouillés par la brigade cynophile la plus vive de tout le pays, qui ne trouve rien sur eux. Et pour cause, ils n’ont rien. Ravi de s’être ainsi fait baiser, ils retournent à Dam pour arracher le paquet des mains de mafieux qui s’entretuent pour l’avoir. S’ils ne le font pas, Manu tuera le frère de Kev à Paris, donc ça commence à devenir chaud...

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A ce stade, on se demande POURQUOI toute la mafia locale en veut à 30 grammes de Weed ?

Ah, mais c’est parce que depuis le début le paquet contient une nouvelle drogue synthétique surpuissante inventée par un chimiste de la Mafia Turc. On nous refait le coup de la came du futur, mais sans budget, sans Luc Besson et sans Scarlett Johanson.

Bref, quelques minables fusillades et deux plans foireux plus tard, ils récupèrent le paquet, qui au contact d’une bouteille de coca cola percée se dissout au fond du sac sur le trajet du retour. Manu Payet ayant chaud de se faire arrêter devant le Panthéon grâce à une ruse de haut vol orchestré par la petite équipe, abandonne et laisse Kev tranquille (normal, après 1h30 de film faut mettre un terme à cette histoire). Ce dernier valide son Master 2 de droit tout en réussissant à chopper la donzelle d’en passant pécho, et tout est bien qui finit bien.

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Il faudra donc attirer l’attention sur le fait qu’aucune blague n’est drôle, que le scénario n’a aucune espèce de sens et qu’entre Paname et Amsterdam le réalisateur n’a rien, mais RIEN, trouvé à montrer. Tout a dû être tourné dans des studios pouraves avec ambiance cabaret bar à pute en option, et dans une banlieue pavillonnaire du 92. Tout est absolument minable.

La pseudo-histoire d’amour a été réécrite pour la cinquante millième fois, le pote débile qui sauve les situations a juste été pompé d’un navet similaire et la révélation mystique du héros dans sa quête vécue par Kev Adams est la seule chose qui prête à rire. Plein d’inculture sur le monde du banditisme, de la drogue et d’à peu près tout en fait, pose ce film en grand vainqueur du navet de l’année (à minima).

Le jeu d’acteur est risible, parce qu’aucune situation n’a de sens. On se demande à de nombreux moments si tout le monde ne s’en rend pas compte, et ne devient pas complice d’une sorte de second degré sur le caractère risible du film. Rien n’est drôle, rien n’est crédible, et pour l’heure je n’ai jamais rencontré de gens qui « attendent » la sortie du prochain film de ces énergumènes qui dépensent des fortunes pour RIEN.

La question est donc légitime : est-ce que ces bouses sont rentables ? Non. En plus d’être un flop, qui rapporte moins de 2.5 M d’euros alors qu’il en coûte 13 à produire (qu’est-ce qu’on a foutu avec cet argent ? Est-il au caïman ? Est-ce que des journalistes ou des condés se sont intéressés à ça ?) ce film s’est attiré des foudres féministes en parlant de « viol cool ». Un concept introduit par l'un des personnages, ouvertement présenté comme "roux, raciste, homophobe et antisémite". Pour se défendre, acteurs, producteurs et réalisateur, ont utilisés la fameuse technique de la roulade sur le côté en clamant que les propos étaient à prendre au 4ème degrés et -le must- que le film était victime du "politiquement correct".

Pour rappel, le politiquement correct va à l'encontre d'un "humour trash" dont l'équipe se réclame ouvertement. Même si la notion d'humour, et de trash, ont du leur échapper et ne répondent d'aucun des standards connus qui ont fait (et font toujours) sa belle épopée, on pourrait comprendre qu'ils défendent un personnage et ses frasques. Mais dans quel but ? Il est nullissime, ce n'est même pas un personnage selon une définition classique. Le seul moment du film où son interaction avec le réel pourrait avoir une incidence sur le film, il s'agit pour lui de réaliser "un pet silencieux" afin de ne pas être repéré par des caricatures fades de bandits d'Amsterdam. On est en fait dans l'expression même du politiquement correct, on est dans son sillage, et on se rend compte que les "artistes" se pensent transgressifs et incorrects avec des vannes pareilles. Ils sont justes à côtés de leurs pompes, et leurs croyances, leurs visions de leurs propres productions relèvent d'une sorte de schizophrénie intéressante, qui traduit quand même qu'on touche salement le fond.

La critique est violente. Les sites de référence bousillent cette daube, et les journalistes poursuivent cette oeuvre. Ecran Large écrira du film qu'il est « une continuation du rire par l’humiliation, de l’abaissement comme ressort comique, emblématique de l’ère Hanouna et d’une certaine conception de la domination sociale qui se dessine, achevant de faire d’un projet sympathique un crachat aigre et toxique ». Pour résumer ce film est un mollard, et s'en cacher en osant aborder la notion de Politiquement Correct, c'est aussi petit que la recette engrangé par le film.

Il est bien évident qu'il ne faut absolument aucun goût pour trouver quelque chose à ce film (Chroniqueur de TPMP dont nous n'attendons rien, Christophe Carrière, l'a présenté comme "gourmandise assez inattendue dans le cinéma français ", ce qui est une raison de plus d'éteindre ta télé). Il est même surprenant, tant l'industrie du cinéma est complexe et son économie ingrate, qu'on parvienne encore à réunir des techniciens motivés pour travailler sur une daube pareille. Le public que ce film rencontre est probablement une bande de boutonneux attardés, qui pense découvrir je ne sais quoi de subversif en regardant Kev Adams parcourir Amsterdam sur un "vélo volé" en profitant de sa "première défonce". Comment peut-on se présenter comme humoriste, tout en valorisant des dialogues aussi minables ? Comment peut-on mettre en scène quelque chose de semblable ? Et quand bien même on voudrait séduire des gamines de treize piges, comment à l'heure où elles disposent toutes d'internet, on pourrait envisager de les tromper si grossièrement ?

8kvlsm-HC

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Cela laisse à penser qu'un vieillard s'est penché sur le mode de vie des "jeun's", avec Kev, pour tenter de les séduire. Mais bordel. Et comment on peut introduire en toute détente la notion de "Viol cool" dans ce contexte ? Tout relève de l’incompréhension et fait une tâche gigantesque dans le monde du cinéma. Il faut je crois, revaloriser l'opprobre et le déshonneur, pour limiter la production de ce genre d'atrocité.

Bref, le truc se fait déboité par tout le monde et prend l’eau de toute part. Donc il va falloir calmer le rythme, arrêter d’en sortir 2 par an et recommencer à écrire. Clairement, le showbiz français doit faire un point, parce que ce genre d’initiative ne mène nulle part, coûte cher, et déshonore ce qu’on pouvait appeler « Le cinéma français ».

CinémaCharal