Le Grec est-il la nouvelle auberge ?

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"Cette foi à l'auberge fait partie des racines de la providence dans l'homme. Croire à un gîte, c'est croire en Dieu." écrivait Victor Hugo dans L'Homme qui rit. Qu'est-ce que cela signifie ? Tout simplement que placer de l'espoir dans l'idée de trouver un refuge, fait partie intégrante de la foi, de notre croyance en Dieu. Tant dans l'idée de charité, que de la fameuse "Maison" dans laquelle chacun serait bienvenu.Ainsi l'auberge, fait partie intégrante de cette loi des hommes. Partout, tout le temps, dans le monde et l'espace, vous pouvez trouver ce que nous appelons une Auberge. On la définit comme "Une maison, située dans un petit village ou une petite ville, dans laquelle on peut loger et se restaurer". Il y à là un lieu chaleureux, accueillant souvent des voyageurs, des gens éreintés désireux de trouver un lit et une soupe sur le feu.De grandes pièces à vivre laisse de la place pour se poser un moment, et la chambre promise permet d'y nouer un lien charnel avec une bonne nuit de sommeil. Une fois que le matin tape au carreau, il est temps de reprendre le voyage et de cheminer vers la prochaine auberge. Organisé en réseau, en étape sur la route, sinon en points de passage obligés dans les villages, l'auberge était au même titre que l'Eglise un bâtiment d'une grande importance. Il avait une fonction sociale qui dépasse les espérances de très nombreuses infrastructures actuelles, et possédait une image durable qui teinte encore les petits bourgs d'une bienveillance hospitalière.Il faut dire que nous avons perdu "la foi à l'auberge" dont parle Victor Hugo. Les seules auberges que la majorité des gens ont visitées, sont globalement des dortoirs géants d'Amsterdam qui sentent la débauche et le vomi. La vitesse des trajets (qui avant duraient plusieurs jours et aujourd'hui quelques heures seulement), la multiplication des offres de logements (avec en tête les complexes hôteliers, puis Airbnb) et le désintérêt croissant des humains pour les autres humains, peuvent expliquer la mort lente de l'auberge. Qu'est-ce qu'on en a à couère d'un mec avec son œil en bois qui fait une quiche au légume et une soupe au choux près de son feu et au milieu du Vercors en disant "Bien le bonsoir voyageur, je vous dresse un couvert ?". Rien. C'est bien le problème.Bref, tu comprends la mort de la profession, même si quelques irréductibles continuent de faire tenir une affaire depuis 700 ans (true story, la plus vieille auberge de France tourne encore, quelque part à la campagne). Cependant, je me demandais dans le titre si une autre institution n'était pas venu supplanter le rôle de l'auberge. Sans apporter de jugement de valeur sur cette substitution, il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui les rues sont peuplées de signalisations voyantes, indiquant la présence d'une broche d'agneau montée à la verticale sur un grill. On trouve ce dernier dans les rues de la capitale, dans toutes les banlieues et bien sûr dans les petites villes, les grandes sœurs de villages de quelques habitants seulement. Nommé Istanbul, Antalya ou juste Planet Kebab, les enseignent sont partout et proposent toutes la même chose.Comme la boîte ou le boulanger du coin, même dans le trou du cul du monde tu peux trouver un Grec. Il a une fonction assez universelle en ce sens, et s'interprète comme une sorte de point de rendez-vous. En soi, on peut y passer dix minutes pour manger un truc gras et chaud en loossedé et disparaître par où on est venu. On peut aussi en faire le début ou la fin d'une soirée, partager quelque chose d'intense autour de cette recette simple. Même en banlieue parisienne, dans certains quartiers où l'activité s'éteint tôt après de longues journées de travail, la seule promesse d'un établissement encore allumé tard, qui nourrit pour pas grand chose, c'est bien le Grec. Des groupes s'agglomèrent alors dans la salle, et la sympathie des relations entre ce nouvel aubergiste et ses clients est inspirante. Sans compter une frange de la population qui considère cet endroit comme une activité en soi, et se teij de leur pavillon en Subaru avec spoiler vers le Kebab grill le plus proche pour se faire sauter le ventre avant d'aller à l'Arlequin, la boîte pourrave du bled.Elle traduit même une forme de transformation sociale durable, lorsqu'on voit que le plat répond clairement de standards très différents de celui de l'aubergiste d'il y a un siècle. Sa clientèle n'est pas la même, sa manière de faire non plus, et si sa référence c'est la frite congelée il semble avoir remplacé l'Auberge. Il ne propose pas d'y dormir, évidemment, mais qu'importe ? Le voyageur de courtes distances à la certitude de trouver son grec, celui des longues distances s'arrangera comme il peut au 21ème siècle, mais pourra aussi trouver son grec. Tout le monde est bienvenu, et pour une poignée de deniers vous aurez la formule habituelle. Lorsque tout sera fermé, il résistera à l’intempérie ou l'heure avancée de la nuit pour servir.Tous les quartiers, tous les bleds, ont leurs grecs et leurs bons grecs. Chaque personne qui s'est habituée à en consommer à son artisan de confiance, au bout de la rue ou de la ligne de bus, nous avons nos adresses en tête. Et partout, étant donné l'invasion de ces restaurants, il faut une science loin du laisser faire pour bien manger, pour communier. Alors, le Grec m’apparaît comme la nouvelle auberge. Trop de gens y trouvent de la chaleur, des moments, et un accueil, pour ne pas qu'il soit comparé à cet établissement d'antan. Bien sûr, tout est différent, mais qu'importe l'idée est là.Doit-on se plaindre de cette évidence ? Doit-on la juger ? Ce pouvoir est offert à ceux qu'un Grec n'a jamais sorti d'une torpeur caractéristique de la perdition. Lorsqu'on marche avec détermination jusqu'au grec dans les heures sombres d'une soirée, on retrouve la foi dont parle Victor Hugo. On croit en le gîte, la harissa et la frite.Dépêche toi de poser ton like sur Facebook pour retrouver plus de dingueries narvalo ! 

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