Les réseaux sociaux sont-ils des drogues ?

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Sommes-nous dopés à Facebook et Instagram ? Sommes-nous dépendants ? Pour réduire ces interrogations à la réponse la plus simple possible il faut définir plusieurs termes histoire qu'on soit clair.Qu'est-ce qu'un réseau social exactement ? C'est à proprement parler un "média social", c'est à dire une technologie au service du lien, de l’interaction, de la création et de la représentation.Et qu'est-ce qu'une drogue ? Une substance naturelle ou synthétique, psychotrope, et susceptible de provoquer une toxicomanie (accoutumance).La question devient alors, est-ce que le média social est un psychotrope qui provoque une accoutumance ? En gros, on reprend et continue la thématique des "cyber-drogués". Les mêmes qui passaient des heures dans les cyber-cafés à jouer à Counter et qu'on voyait au JT de Pernault en 2004, ceux qui faisaient l'objet de documentaires sur les "Meuporg"; bref ceux qui se la butent. Mais le réseau social a eu cet effet pervers, en convertissant les humains en utilisateurs aussi vite que la grippe espagnole. Il y a donc, de prime abord, une stimulation concrète à embarquer pour l'aventure.https://www.youtube.com/watch?v=HXstRfE9AVUhttps://www.youtube.com/watch?v=UDoOhOLw-rILa télévision était et est toujours complètement perdue au sujet du jeu vidéo et des addictions, ou de la violence qui les caractérisent parfois. Pourtant la problématique est sensiblement la même, et qui a déjà été dans un rush frénétique de partie d'un jeu envoûtant et respectable, sait de quelle attraction je peux parler.On regarde notre téléphone 200 fois par jour. Avant de dormir, en se levant, aux chiottes, partout et tout le temps. Les réseaux sociaux nous placent également dans un circuit du plaisir, semblable à celui des fameux rats qui se shootent à l'héro.https://www.youtube.com/watch?v=ao8L-0nSYzgIl est évident que la substance est mortelle. L'héroïne étant la plus maligne des substances actives, l'accoutumance vous tuera si la drogue ne le fait pas, et la conversion du jeune premier en héroïnomane accompli ne prendra que quelques mois. Facebook, Instagram, Twitter, et consort, ne peuvent pas se vanter de rendre les hommes prisonniers à ce point. En revanche, ils peuvent se targuer de retenir jusqu'à 4 heures d'attention par jour chez certains d'entre nous (sérieux vous branlez quoi ptn).A quelles activités sont-elles employées ? Souvent une veille passive, "vérifier sa popularité" et faire un peu de voyeurisme en regardant qui fait quoi et s'affiche avec qui. Une sorte de vie par procuration très perturbante, dont on dira sûrement plus tard que limiter l'accès à ces applications serait une manière de libérer les esprits. Le joug des GAFAs est perturbant, mais nous y consentons tous.Plus encore que l'assentiment, il y a cette espèce d'appartenance. L'un des Dieux vivants du Marketing de la Silicon Valley, Seth Godin, a écrit un livre qui répond au doux nom de Tribes (Tribus). Si vous ignorez son existence et pour faire court, ce livre explique que le but de toute entreprise est de créer une tribu. Au sens grégaire, tribal, ce groupe d'humains est lié par une somme d'intérêts communs, par des idées partagées, une manière de procéder, etc... Chaque réseau serait ainsi une tribu, avec ses règles, sa communauté, son univers, ses couleurs, et son chef.Twitter est une tribu orientée vers le micro-blogging, vers des messages concis et percutants, tous liés entre eux par un Hashtag. Facebook propose la création d'un trombinoscope géant, où humain et marque peuvent communiquer. Tumblr est cette agrégat d’îlots de liberté, de blogs personnels où les "billets" sont partagés d'un mur à l'autre.Certains réseaux vont très vite, comme Instagram ou Twitter, et sont ainsi inscrits dans l'immédiat, le présent et la réaction. D'autres ont un mode de vie plus lent, comme Médium qui compile des articles plus long et cherche à renseigner son utilisateur, à le captiver. D'autres ont une utilité pratique, et limite l'aspect dopant tout en restant la référence en la matière, comme Linkedin. D'autres encore, ont un mode d'utilisation basé sur ce shoot, comme Tinder, qui propose clairement une pompe à dopamine dans son interface. Tu te sens Dieu en évacuant la cheumarde vers la gauche et en donnant sa chance à une douceur à la bio prétentieuse.Dans une rame de métro le matin, on peut voir les humains sur leurs pateformes. Hors celles utilisées par tout le monde, il y a des clivages intéressants. Un peu comme on choisirait une drogue pour ce qu'elle nous fait, par affinités pour les effets, on se lance dans un univers numérique. On choisit de retirer du plaisir de telle connexion émotionnelle ou de telle autre.Au delà des stratagèmes qui conduisent à nous faire rester plus longtemps, il faut se dire que toutes les relations humaines libèrent ces endorphines dans notre cerveau. Accroitre notre expérience utilisateur, stratégie qui se rapproche sensiblement d'une mécanique poussant l'humain à devenir toxico en stimulant ce qu'il aime est critiquable. Mais sur le principe, croiser le regard d'une personne qui nous plait sur Tinder ou dans un bar, procure une sensation semblable. Les moralisateurs diront que l'interface nuit au réel, et je leur accorde. Le cerveau est pourtant dupé, malgré lui il assimile à Tinder le rush de visage angélique qui défilent frénétiquement devant lui.Il contribue ainsi à nous isoler. Nous n'avons jamais vu autant d’interactions, autant d'humanité dans ces paradis artificiels."L'harmonie, le balancement des lignes, l'eurythmie dans les mouvements apparaissent au rêveur comme des nécessités." écrivait Baudelaire à propos de cet olympe. La necessité pousse 3 milliards d'humains à entrer dans la tribu Facebook, à posséder un téléphone et à le regarder 200 fois par jour. Il est fort probable que de la prévention voie le jour, que les jeunes devenus vieux mettent en garde sur la vie qu'ils n'ont pas vécu à cause de Facebook, et que les tribus finissent par s'écharper. Car ces illusions rendent beaucoup de rêveurs inactifs, là où ils permettent à certains autres de vivre leurs rêves.En ce sens, Instagram et son candaulisme laisse à penser à une configuration de la société proche de celle de 3% (série brésilienne) ou à un épisode bien connu de Black Mirror. Certains sont spectateurs de la vie des autres, assez actifs tout de même pour proposer un morceau de rêve aux autres également, mais ils ne feront jamais assez rêver pour devenir un divertissement. Cette vie divertissement/vie divertie présente tous les symptômes de quelque chose de non sincère, d'à peine amusant et de faux. L'ère de la représentation sur les réseaux en font également un gigantesque marché pour les marques, et nous consentons à voir dans notre divertissement des stimulus qui nous poussent à acheter. Ne rien faire et consommer; en voilà une vie disharmonieuse au possible.C'est pourtant bien l'harmonie sur laquelle les developpeurs travaillent, le balancement des lignes qui comptent pour que nous comprenions les usages de la tribu. Quant à l'eurythmie, l'art du mouvement, Facebook a changé son interface pour proposer plus de contenus vidéos, et optimise votre déplacement de communauté en communauté sur son réseau. Vous y resterez plus longtemps, vous êtes des prisonniers conscients, car le génie du 21ème siècle à été de nous mettre une pompe à morphine dans la poche.Libre à nous de choisir la dose et la manière, mais ces drogues n'écourteront la vie qu'en vous prenant du temps libre, en vous divertissant un simple moment. Choisissez-les bien, tirez-en quelque chose, n'y perdez pas vos vies, et suivez Iter Criminis.On parle vrai, et tu perds pas ton temps ptn. 

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