L'histoire du flop injuste de Matthew McConaughey

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Tout le monde aime le pognon. L'or, tout le monde aime ça aussi. Et je pense que presque tout le monde aime ce bon vieux Matthew. Alors pourquoi personne ne regarde Gold ? Le film qui transforme McConaughey en vieil orpailleur chelou, en adaptant au cinéma l'histoire la plus controversée de la bourse de NY ?

Gold, dont le sous titre était "Proov'em all wrong" n'a rien prouvé à personne, n'a pas été rentable, mais m'a occupé un mercredi soir déprimant. Comment ? Avec une histoire tout à fait audacieuse, une excellente manière de la narrer et des acteurs à la mine douteuse, à force de haut et de bas dans une vie perrave.

Le héros, Kenny Wells, est le PDG de Whashoe. Un groupe dont le modèle économique repose sur l'extraction de minerais dans le monde entier depuis des décennies. Ceux que nous appelons les prospecteurs, sont les héritiers des chercheurs d'or à l'ancienne. Ils partent en exploration, récoltent de la terre, l'analysent, puis commence à creuser. De père en fils, la fièvre de l'or gagne la famille de Kenny Wells. Une fois son père décédé, Kenny est à la tête d'une firme florissante et prospère, qu'il va plus ou moins couler lentement. A coup de triple Jack Daniel, mêlé à une grande quantité d'incompétence et de mauvais investissement, Kenny précipite une boite qui marche dans le ravin.

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Lorsqu'il ne lui reste presque plus rien, Kenny décide de porter ses burnes, de quitter le bar qui lui sert de bureau, et d'aller au pawn shop le plus proche pour vendre son or. Avec les billets verts qui remplacent sa montre et sa chevalière, il prend un aller simple pour l’Indonésie. Il y rencontre Michael Acosta, un géologue réputé pour ses découvertes. Avec sa gouaille Kenny parvient à convaincre Acosta de placer sa confiance en lui. En utilisant la renommé du géologue, il pourrait lever des fonds pour explorer le coin et trouver de l'or.

C'est ce qu'ils vont faire, retourner l'endroit à la recherche d'une mine, puis connecter leurs découvertes à un succès boursier hors du commun qui les rendra honteusement riches. Alors, quid du scandale et quid de l'image ? Je vous laisse jeter un oeil à ce film, pour vous faire une idée.

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Sinon, vous confirmez le bide qui entoure cette œuvre. Le bouche à oreille n'a jamais dû prendre, d'ailleurs personne à qui j'ai conseillé ce film cette semaine n'a regardé ce film. Son aura de four commercial colle sous la chaussure.

Il se trouve, pour une raison moyennement aisée à décoder, que ce film est un flop de l'année 2016. Économiquement parlant, il n'a rien avoir avec la ruée vers l'or. Il apparait que très rapidement après sa sortie, il ne rencontre aucun succès. On lui reproche son manque d'audace, son classicisme puant (qui a pourtant fait le succès du Loup de Wall Street), et les sites de référence lui attribuent à peine la moyenne. Ceci étant, les États-Unis nous ont toujours racontés leurs histoires de cette façon. Celle de Jordan Belfort n'est que le dernier gros succès en date, mais des films comme "American Psycho", "Catch me if you can","American Bluff", "Wall street" (plus axé 90'), voir l'excellent "The Big Short" d'Adam McKay, viennent glorifier des succès débridés.

Il semble que cela soit devenu une spécialité, le mérite revient à celui qui trouvera les meilleurs rideaux saumon, la télévision la plus volumineuse, le téléphone portatif en voiture le plus kitsch, et le "toast" le plus extravagant lors d'un cocktail célébrant l’ascension du héros. Dès que l'arc narratif est précisé, qu'il a pris sa direction, on quitte le bar qui sert de bureau, on s'enrichit et on montre son opulence, on change de femmes sans écouter ses conseils: Bref, le rêve (ou le cauchemar) américain mis en images.

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Même les acteurs doivent tous ajouter à leur palmarès ce story telling du succès, et la réalisation doit prendre place dans le même contexte. On répète toujours, en changeant la figure de l'homme et le sens de l'histoire, un schéma très simple dont certains sont devenus spécialistes. Dès lors, on explique mal le succès tonitruant des autres et le flop de Gold. Il y a dans Gold, à la place de l'humour du Loup de Wall Street, de l'extravagance d'American Psycho, ou de la richesse du personnage de Catch me if you can, une tristesse sans pareille.

Le toast survolté d'un Belfort est remplacé par des larmes de looser ayant enfin pu accéder à sa chance. L'histoire qui suit n'est qu'une lente et terrible décadence, qui le conduit en enfer. On loue le charisme de McConaughey, mais méprise la "lourdeur" du film. Certains vont jusqu'à dire de l'histoire qu'elle est "inintéressante". Iter Criminis persiste et signe; l'histoire mérite un film, et fera l'objet d'un article. Mais il est bien évident, qu'il y a dans ce film une imperfection. La manière de raconter ces histoires de cette façon touche probablement à sa fin, au risque de faire des doublons qui auront de moins en moins de succès.

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The Big Short, est un excellent exemple de renouveau dans ce moment où le cinéma peint une vision du rêve américain. Il tourne la caméra vers plusieurs groupes de personnages, qui nous explique l'immoralité de leur fortune et les raisons d'une crise majeur. L'art et la manière sont tout à fait prenant, et il faut continuer sur cette lancée car la vague amorcée par Wall Street il y a 20 ans commence à se tarir. L'erreur qui se poursuit sans discontinuer dans le film est de vouloir reproduire (et même rendre plus cheap) cette image bien connu. Nous ne retrouvons pas le charme, la fièvre, de la poursuite entre l'américain moyen et sa fortune.

La seule audace de ce film est d'avoir rendu le succès parfaitement triste, et de conditionner un homme à vivre pour échouer. Chose qu'il ne supporte pas, et qui au jour du succès ne transforme pas vraiment sa simplicité en extravagance. Finalement, cette expérience se termine mal et le débile ne capte que le charisme de l'acteur, qui incarne (rappelons le) l’ascension et la chute d'un personnage. La profondeur dans le texte et l'image sont interprétés comme des lourdeurs, et on ira jusqu'à lire en cherchant bien que le minimalisme apparent de certaines scènes contrevient à l'idée qu'on se fait de la richesse.

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Regardez Gold pour vous faire une idée de comment le cinéaste américain moyen, interprète désormais une ascension dans son film à l'américaine, et comment il déçoit en le montrant légèrement différemment.

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