Westworld: Série biblique sur l'ère robotique.

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"Le progrès: trop robot pour être vrai." écrivait Jacques Prévert, pour poser les bases en un coup de crayon d'un délire fort complexe. Le progrès, le robot, Black Mirror et Jeff Bezos avec un clébard Boston Dynamics, y'a de quoi faire de nombreux paralléles sur le chaos ambiant. Une appréhension constamment mise en scène, remplace à mesure que le temps passe, la simple représentation du robot à l'écran.

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On cherchait, comme lors des grandes découvertes, à codifier un univers. Tant par des lois, avec les idées rassurantes (ou pas ?) d'Isaac Asimov, que par des images avec une iconographie de plus en plus riche de l'espace, de l'alien, du futur, de l'androïde, etc...

Désormais, il est fréquent qu'on place des intrigues dans la technologie ou dans un univers de sciences fiction lourdement étendu. Alors, l'incertitude quant à un lieu d'un nouveau genre est intriguant. Elle goupille une nouvelle chose tout en faisant un état précis de l'art sur la question.

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Plongeons donc dans le sujet Westworld, une bonne fois pour toute. La série HBO est écrite par Jonathan Nolan et sa zouz Lisa Joy, produite par J.J Abrams et Bryan Burk, et diffusée depuis octobre 2016. Le dernier épisode de la seconde saison vient de sortir à l'heure où ces lignes sont écrites. Et il est probable qu'une saison 3 arrive autour de 2020; prendre son temps est la volonté des showrunners, et il va falloir digérer les vingts épisodes de toute façon.

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Nulle inquiétude, je vais poser un couplet sans spoilers, afin de vous convaincre d'attaquer la première saison ou de reprendre votre route vers la fin de la deuxième. Que dire de façon général ? La série est inspiré d'un vieux délire, un film de 1973, sur un parc cotenant des androïdes sauce Western. En gros, c'est un club med non édulcoré ou le GO (Gentil organisateur) est une pute de saloon ou un bandit de grand chemin. Tu fais ta vie, tu t'enjailles.

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La première saison nous plonge dans cet univers, et montre de léger bug associé aux "rêveries"; sorte d'état que les robots ressentent, qui sacralise une forme d'humanité. Bref, plein de personnage sont au rendez-vous, un certain nombre d'intrigues rondement menés dans ce cadre se déroule, au point que le climax satisfasse tous les amateurs de séries. On en prend plein la gueule, on est réjouit, donc posez un cul en vitesse devant l'épisode 1.

Pour vous convaincre de mater la seconde saison, notamment si vous pensez que la une boucle la boucle, je dirais volontiers que la complexification de l'intrigue et du fond prouve que l’œuvre était inachevé.

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Il fallait ramener un ordre biblique dans ces univers de sciences fiction qui pullule, il fallait revenir poser de nouveaux codes et revisiter d'ancien pour structurer les univers. Lorsqu'on parlait de la profondeur de Black Mirror devant certaines réflexions éthiques ou de celles d'Altered Carbon en matière d'immortalité, on abordait la surface du problème. Westworld force l'admiration par une esthétique tantôt grandiose, tantôt ultra minimaliste. La démonstration d'intelligence qui est menée laisse à penser que nous échappons au contrôle quant au déroulement des évènements. Excepté quelques personnages, tout le monde échappe à logique de ce qui se passe, et de ce chaos nait le but profond du Westworld et se pose la question de son avenir.

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C'est l'histoire d'une vie qui est contée, celle d'hommes fascinés par les robots et celle d'homme tout court qui souhaite échapper à la mort. De leur rencontre va naître une collaboration pour toucher du bout des doigts l'éternité. De là, les questions se déclinent et l'idée de Dieu, de la vie et de la mort, du paradis, de la guerre et de la paix, de la justice, et j'en passe et des meilleurs, s'imposent dans les dialogues. La dissertation de philosophie mise en image dans un tel univers est époustouflante.

Les goupilles scénaristiques qui s'enclenche ci et là, les répétitions merveilleuses d'ambiances et de questionnements en changeant les personnages, comme le nombre de "révélations" qui sont faites au fil de l'histoire, laissent à penser que les showrunners ont magnifiés l'art de raconter une histoire. On aurait peut être aimé qu'on lui offre une fin, mais ils ont décidés de réamorcer un certains nombres de lignes inachevées. Des segments entiers sont clos, et parfois d'une manière incroyable; il en va ainsi du récit de l'indien dans la seconde saison, et de sa rencontre avec Ford, comme de l'épopée de Dolores ou des miracles de Maeve.

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Alors pourquoi Biblique ?

Les épopées de ces robots, à l'image de l'homme, relève pour certaines de l’accomplissement de miracle. Apprendre les lois qui gouvernent leur humanité, fricoter avec leur Dieu, avec les vies après la mort, et faire le lien entre tout ça, sinon tendre des pièges à son créateurs, est un questionnement religieux. La rigueur qu'ils s'imposent pour dépasser leur condition et aspirer au "bonheur", provient d'une inspiration religieuse et philosophique.

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Leur fonction, comme leur volonté, découle aussi d'un raisonnement philosophique et religieux pour l'humain qui peaufine ces machines. Une fois toutes les pièces assemblées, on comprend la lourdeur morale qui est retranscrite à l'image. Les acteurs incarnent des robots qui se prennent pour des humains. Finalement, les derniers moments de la saison 2 introduisent que ce sont les humains, qui sont des robots, et que leurs ambitions d'éternité se soldent simplement. Chaque facétie est un code, et nous vivons selon celui ci. L'idée de libre arbitre est mise en péril, et la figure de celui qui s'acharne à démontrer l'inverse dépend peut être de l'obstination d'un androïde.

L'idée selon laquelle l'humain ne privilégie que sa propre survie, au dépend de la moralité, de la réflexion sur le bien et le mal, et que les robots le sache en les ayant côtoyer dans le but de les comprendre, conduit à faire naître une entité suprême disposant du libre arbitre et voulant nuire aux humains. C'est le choix que fait Dolorès, et c'est le "cadeau" que leur fait Ford qui nous aidera à comprendre les motivations de ces Chaotic Evil désormais dans vos villes. Il faudra bien sûr étudier les retombés pour le Westworld, va t-il durer ? Qu'en reste t-il ? Quant à l'homme au chapeau noir, ses aventures ne semblent pas terminés et son sort absolument pas scellés.

Cette vision, somptueusement présenté, vient codifier tout ce joyeux bordel qui partait un peu en couille. Lorsqu'Altered Carbon parle d'altération des sens, de perte de repère, à cause de cette robotisation, il est dix degrés en dessous de la véracité des observations qu'on nous soumet dans Westworld. Il en va de même des dilemmes moraux de Black Mirror, bien inférieur à la formulation des questionnements existentiels de Westworld. Nous sommes trompés de part en part, tantôt par le jeu d'un humain qui se prend pour Dieu en sachant qu'il n'en n'est rien, tantôt par le jeu des robots plus humains que les humains.

Les humains seraient-ils plus inhumains que les robots ? Ce manque d'humanité rendraient-ils les humains inférieurs ? Est-ce qu'une ancienne gamine de ferme et un boug à lunette vont détruire toute l'humanité ?

Joyeux bordel, que nous recommandons sans modération.

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