HBO, De Vinyl à The Deuce (1/2): Industrie du disque et cocaïne, comment Vinyl à fait faillite ?

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Deux séries, deux saisons, deux dingueries. Il nous fallait revenir sur deux expériences divertissantes que le Home Box Office (HBO) propose. A contre courant de Game of Thrown et de son succès tentaculaire, dans les zones d'ombre de la culture New Yorkaise des 70', nous trouvons une inspiration cruciale et une mise en scène délicieuse.

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Commençons par Vinyl ! Une série diffusée dès le 14 février 2016, dont la première et unique saison compte 10 épisodes au total. L'audace, c'est le pilote à 30 Millions de dollars qui constitue un petit film sur le rock des 70'. Richie Finestra est un magnat sur le déclin de l'industrie musicale. Lui et sa petite équipe sont sur le point d'être racheté par des teutons, alors que leur affaire bat de l'aile. Les millions en poche, les protagonistes envisagent d'aller se toucher la nouille au soleil, de retrouver leurs femmes (ou pas) délaissées au profit de soirées mondaines et de concerts de rock, et surtout de cesser de se prendre la tête avec le Top50, avec la tendance.

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Il n'en est rien bien sûr, le bon Richie fait imploser le deal et reprend du service. Son souhait est de ressusciter son label, d'imposer la nouvelle vib'z en vogue sur New York et dans le monde entier. Fulgurance dans un Eight Ball (3.5 grammes de Coke) au volant de sa bagnole, lorsque des passants stylés se ruent dans un squat pour écouter un concert indé des New York Dolls. Ils vont littéralement casser la baraque, comme en 1973, puisque l'immeuble s'effondre avant le concert.

https://www.youtube.com/watch?v=vun2ItQKdHw 

Vous avez dans cet extrait, une parfaite représentation de ce qu'est Vinyl. Un mélange subtile d'ambiance New Yorkaise underground (plutôt rock'n'roll), indé (avec le début des Discs Jokeys), ou classique (avec la paire de mafieux qui prêtent du pognon dans un restau rital de Hell's Kitchen). Le charisme du personnage principal (interprété par Bobby Cannavale) sur lequel repose la boîte est suffoquant. Tant par son absurdité et son extravagance séduisante de drogué mélomane, que par les dilemmes moraux qui le dévorent à longueur de journée. Chaque personnage est torturé, écartelé vif au dessus de sa réalité.

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Ils errent alors, avec leurs derniers dollars, à la recherche du phœnix qui va faire d'eux de nouveaux dieux. Moqués dans les sphères influentes de la musique, tantôt baisées par ces dernières, ils doivent innover, réinventer ce monde. Nous le découvrons avec eux, et la plongée dans ce NY est assez merveilleuse. Les équipes qui ont déguisés les murs, les rues et les personnages ont un talent qui nous transportent dans l'époque. Quant à l'image, elle se veut granuleuse, authentique, et pleine de sueur, ou au contraire très clair, très propre et très dur. In fine, on peint ici un bon nombre de réalité.

Sans atteindre un niveau de perfectionnisme aussi énervé que dans Les Affranchis ou Casino, on retrouve les murs pastels de Taxi Driver ou la minutie accordé aux accoutrements. Les intrigues participent toujours de l'enrichissement du décor comme du cliché. Le côté fascinant de Vinyl, c'est précisément ce mélange d'image et d'histoire. On veut que ça en jette, autour d'un sujet et dans un cadre réellement particulier. L'extravagance de certaines scènes, leur côté cru, voir déchirant, est toujours dans la boîte sans qu'on se pose la question de la magie cinématographique et de l'expertise de grand du milieu; tout est servit sur un plateau d'argent. L'ambiance et le ton, sont quasiment introuvable dans de tels proportions.

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Des crises de couple des banlieues bourgeoises New Yorkaise, à la crasse des petites stars qui se shootent dans les squats. La finesse provient de la place de la musique dans la série. Dans l'intrigue bien sûr, puisqu'elle constitue le cœur de métiers des personnages (ou producteur, ou manager, ou musicien, ou en souffrance à cause du milieu), mais bien sûr avec l'image. C'est un jeu permanent, une immersion, une expérience live d'un monde perdue, dont on dit qu'il ne meurt jamais. Du rock, on passe au Disco, à la Funk, à la daube de l'époque, et au début du Mix.Il faut voir là une sorte d'expérience visuel et musicale d'une dizaine d'heure, avec des chaines en or contre les poils et des verres de brandy dans des carafes dans les bureaux. Pour autant, la série ne souffre pas d'un manque d'humanité, bien au contraire. Le Richie, c'est un mec qui vrille quand il tape un peu trop de C. Comme tout le monde me direz-vous, mais non justement. Lui, il carbure à cette folie douce et explique à qui veut bien l'entendre que ce sont les ficelles du succès. Négligeant, il fout littéralement la merde dans son cerveau. Il aurait pu être une sorte de Don Drapper, ou de Walter White en son genre. Magnat des 70' dans la musique, sulfureux et coké, faut vraiment être un connard pour préférer qu'on développe 13 reasons why.

Un mec avec une chemise bouffante et une paire de bottine nous apprend sa vie, en sniffant sa main toutes les cinq minutes, c'est bien mieux...

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A l'issu d'une première saison audacieuse, HBO confirme puis annule le retour du Show. La collaboration Scorsese Ft. Mike Jagger doit prendre fin. Le pilote à 30 millions, et le reste des patates investies dans la série donneraient une sale image et couterait un bras. Donc on coupe court à tout débat et on déprogramme le truc.

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Il faut dire qu'il n'avait pas été si bien vendu; le lancement un 14 juillet n'alpague que des branleurs exigeants, et on peut presque dire que personne n'a entendu parler de Vinyl (tout simplement hein). Le casting était au rendez-vous, puisqu'on retrouvait la ravissante Olivia Wilde, dans le rôle d'ex muse éplorée, devenue mère au foyer ennuyée, puis ravageuse inspiration New Yorkaise, ou encore James Jagger, une sacré gueule.

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En sus du casting, l'expérience proposée happe le spectateur. On assiste à une manière d'agencer les évènements tout à fait fabuleuse, dans le style récent d'HBO. Il y a un ton commun à toutes les séries, mais le lien entre Vinyl et The Deuce est bien plus évident. La réalité c'est que ça n'a pas pris. Il y avait tout pour y croire, rien n'était juste vrai semblant, encore moins laissé au hasard, tout était travaillé, recherché et lissé. Mais ça n'a pas pris, la populasse n'a pas daigné poser un cul devant pour s'imprégner de sons à l'ancienne, de chemises à motifs et de cocaïne contre un vinyl posé sur une platine.

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Dur réalité, alors même que le truc en jetait et que le projet était bien porté. HBO renonce, et des vallées de la mort des séries jaillit un double James Franco bien vénère dans The Deuce, le nouveau show HBO sur... Je vous le donne en mille, les putes et la coke dans les 70' sur la 42e à New York City.

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