#1 Les 5 Billets d'humeur de la semaine: La Techno Berlinoise

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Chaque semaine Iter Criminis te propose des billets d'humeur sur tous les sujets ! L'équipe se met d'accord sur des sujets, et chacun y va de sa plume ! Pour les retrouver au quotidien, c'est sur FB que ça se passe. Suis-nous, sinon on te retrouvera ptn ! Cette semaine, la Berlinoise !

La Berlinoise N°1 : Pourquoi tout le monde écoute cette daube ?

Où va naître la Berlinoise ? Eh bien sûrement pas à Berlin. Personne ne l’ignore, la musique dites « techno » vient de Détroit.

Détroit c’est la plus grande ville du Michigan, aussi appelé « Motor City » en raison du développement de l’industrie automobile et de l’emploi, puis de la crise de l’industrie automobile et de l’emploi (qui ont donné bien des raisons de se mettre en mouvement pour oublier). Quant à la techno, c’est un genre musical électronique par principe dansant et répétitif, qui va supplanter le mal être d’une jeunesse entière à un moment de l’histoire. Rien que ça.

Assez vite exportée, notamment par l’audience de la Midnight Funk Association, cette musique tombe sur Berlin sans trop prévenir dès ses débuts dans les 80’. A la chute du mur, les warehouses poussent comme des champignons, et la décadence des rythmes électroniques semblent apaiser la rage sociale, donner une raison d’être à la jeunesse ; danser.Dès la fin des années 80, cette acid house bien froide fait taper du pied autant que planer un peu.

Ce qui est intéressant, c’est que Berlin fait vibrer l’Europe depuis plusieurs décennies dans cet univers musical. On apporte à ce courant, autant de nouveauté que de constance, en permanence, et programme un incontournable rendez-vous pour les amateurs dans la Kapital depuis 30 ans environ.

En gros on s’enjaille sans arrêt sur des nouveaux talents, qui prennent acte de ce qui a été fait et ne sorte pas exactement la même chose.Petite semaine sur la Techno Berlinoise donc, pour cultiver un peu les pistos sur ressorts et les mecs qui crachent dans la bouche d’un style entier totalement gratuitement (ce que je fais d’habitude, mais soyons un peu constructif ptn).Gros pilier de ce monde et de ce style, Dein Schweiss de Sven Vath (sortit en l’an 2000, juste après le « bug »).

Dein Scwheiss peut se traduire par « Votre Sueur », quant à Sven Vath c’est un patronyme, donc intraduisible. Il faudra vous satisfaire de ce que vous avez ; à savoir un ramstein sous amphétamine qui bouge sa tête sur un rythme qui tourne en rond, habillé par des bidouilles de machines paranoïaques et un balayage barbare, mécanique, qui fait bien penser à une usine de Mercedes qui sent l’huile de moteur et le teuton vénère.Bref, approuvé Deutsch Qualität par tous les proto-pistos de la planète.

https://www.youtube.com/watch?v=goWvDIW12-I&fbclid=IwAR2HHU_wbTrfNpzecCeNiAiqzEFHJIfDMn2g0rwEP24l9IaY6mE37Qxg4lc

La Berlinoise N°2 : Pourquoi tout le monde a écouté cette daube ?

Comme on le disait hier, la Techno Berlinoise tel qu’on l’imagine est un écosystème musical composé de variations assez faibles dans son univers actuel.

C’est ce qui justifie que les styles soient précis, froids, que l’exécution bouge assez peu bien qu’elle séduise, et que de toutes les familles de technoïdes qui existent les « Pistos » fanatiques de Berlinoise soient les plus méprisés. Le fait que ce soit une référence fait parfois mal aux oreilles des puristes (les pires étant toujours ceux qui kiffaient la vibe à l’époque).

Trêve d’inculture. Si Sven Vath et son titre en date de l’an 2000 sont la juste moyenne qui nous sépare de la naissance de ce style à nos jours, attaquons les gros morceaux. La pire inculture serait bien celle qui concerne les musiciens qui chauffaient les salles en l’an 10 ou 15 avant BK (Ben Klock, ndlr). Donner un air vintage à vos béfauwres soignées ravira tous les bâtards de puristes que vous pouvez inviter ; revenons donc à nos moutons.

Si Berlin attrape le wagon en route, l’ambiance va capter des horizons divers comme la Trance venu d’Angleterre ou encore évoluer vers des rythmes Hardcore Belge ou Hollandais. Pour en dire quoi ?Plein de choses. Réputé plus mélodique que la House, le tempo et la mélodie Trance invitent aux voyages, à cet état planant. On voit alors des groupes comme Age of Love et son titre Age of Love (original idea), remixé des centaines de fois.

Produit par Bruno Sanchioni (Belge de son état) et Giuseppe Cherchia (Italien, connu sous le nom de Pino D’Angio par tes darons, pour avoir chanté « L’Italiano ») Age of Love accompagne le début de la Transe, et les remix vont faire parler Berlin.Qui va en faire la meilleure reprise ?

Un certain Paul Van Dyck, Allemand né en 71, il va pousser le titre dans des retranchements tout aussi lyrique, mais bien plus Acide. Je vous laisse juger de cette évolution par vous-même ; en gros on met cette petite voix apaisante dans un sac et on la waterboard calmement sur des snares produit par Black et Decker. Il semble que ça ait plu à la scène de l’époque, puisque c’est un classique.

https://www.youtube.com/watch?v=RjYTtw-VDfY&fbclid=IwAR1C0A8rKvXadJO5DWN5ybRrn4QWZYHqcWFJLvZMXWhuRtxBDSztxau697k

La Berlinoise N°3 ; Où est-ce qu’on a écouté la techno muter ?

Pour reprendre la petite histoire, Van Dyck et un de ses acolytes ont eu un show à la radio allemande dès 1993. Cela leur a notamment permis d’envoyer des DJ Sets monstrueux sur les ondes mondiales, comme s’ils répondaient enfin à Détroit qui envoyait de la Funk et un début de Techno, avec une sorte de révolution dans la révolution. Le « HR3 Clubnight » vaut mieux que de nombreuses boîtes parisiennes en terme de programmation, sauf que tu peux l’écouter tout seul en niquant tout ce qui bouge dans ta chambre. On t’en conseil donc une émission ou deux. A tout hasard, celle avec Sven Vath ?

Van Dyck va lancer une boîte chargée d’une vision universaliste et évangélisatrice (rien que ça) nommée Planet, qui deviendra E-Werk. Ce proto-Berghain qui passe du sale dès 1993, prouve deux choses : on commence à avoir un style, un goût et une ambiance à Berlin, et on commence surtout à avoir des endroits aussi dédiés que représentatifs de cette culture dans son ensemble. 10 ans avant la boîte que tous tes potes connaissent pour s’être fait recalé par un Afro-Goth noir sur noir de bavière bien énervé, on observe un lieu ré-aménagé diriger par des pointures.

Le blockhaus E-Werk, ancienne station électrique au Checkpoint Charly (poste frontière entre la RDA et la RFA), accueil cette jeunesse dansante pour mécaniser la House chaque jour un peu plus. L’établissement représente dans toute sa splendeur ce qu’on attend de Berlin et de sa scène, il marquera tellement ce monde (avec d’autres, bien sûr) qu’on cherche encore à ressembler à ça pour être un succès dans le monde de la fête. Vous pourrez trouver des mixs de ces joyeux bordels aussi, histoire de pacifier vos soirées avec du son coupé avec tout sauf de la Musique de merde !

https://www.youtube.com/watch?v=UuSGpdfTekQ&t=1316s&fbclid=IwAR3oUJcQqyJXgMM4pjtQ5jGY_2_jhpmbT2Nn70LeuYgIQ2xRF9HOMmD20sE

La Berlinoise N°4 : « Mais ils ont tous tapés de la Trance ou quoi ? »

Le live d’hier interroge un petit peu. La vérité, c’est que les gros pistos sous Ben Klock qui dégorgent d’un style nineties revisités par des publicitaires à l’arcane de la mort (Big Up au service Marketing de Sergio Tachini) n’ont pas bien pris le virage.

Quel virage ? Le virage qui nous sépare d’une soupe Trans remixée couplée à un germanisme obscur, vers la boîte où tu ne prendras pas de photo et où on te fera bouger sur un son à -174 degrés Kelvin. A l’époque où Shazam ne pouvait rien pour toi, on n’avait autre chose à foutre que de sucer des divas qui font des drops en pince tenaille toutes les 43 secondes.

On n’avait pas que ça à foutre parce qu’on était Extrawelt, en fait. La musique des machines va se transformer dans tous les sens. L’augmentation du rythme donnera les suites du Hardcore, le Gabber et la musique de Rave plus généralement, quand la mélodie des machines va se résorber sur elle-même pour laisser place à un minimalisme brut. Il y a donc une implosion du mouvement et une dispersion totale des Teutons impliqués, dans tous les styles et tous les genres, pendant des années, avec un accent allemand plus ou moins marqué selon l’artiste.

On va continuer à faire la fête, mais plus ensemble. On va créer des familles, des groupes et des sous groupes, puis des sous sous groupes. On va amener de la science dans ce bordel, en cherchant des courants, en cherchant des lieux où la fête électronique suit un cours qui nous plaît. De ce grand exercice de rangement, il va rester beaucoup de petits peuples.

Pour lier les deux mondes, on peut dire que les stars de la Berlinoise actuelle telle qu’on la conçoit, ont digéré à leur façon le monde de la minimal, revu un peu leur électronique comme un flux en circulation entre eux et les gens. Gros rebonds, grosses réverbérations, du Brejcha en veux-tu en voilà, sur un truc sec mais bien dur. En gros ça enjaille, ça tape sans taper, et ça peut se trémousser en ayant l’air Hardcore mais en conservant du sens.

D’un point de vue plus personnel, il faut trouver ces sonorités méditatives quelque part, car elles sont une réflexion sur la musique elle-même. Si a une époque, tout était plus bordélique c’est bien parce qu’il fallait faire la fête. L’heure était à un déchainement de foule marqué par différents types d’oppressions à travers le monde.Finalement les stars de ce monde qui arrive fin 90’ avec des EP dont le succès se fera en entre 2003 et 2008, vont itérer sur le style pour laisser quelque chose de plus ou quelque chose de moins. On ne le sait pas bien encore, mais de la diversité qui provient de la musique Techno, il est curieux que nous ayons standardisé le teuton, non ?

Est-ce que les Polka, Brechja, BK et d’autres, ne font pas tous la même musique ? Est-ce qu’elle correspond à un standard commun, ou est-ce qu’elle est juste devenu une machine à fric sur de la danse moyenne ? N’est-ce pas le succès différent de cette seconde vague, qui expliquerait que c’est de la merde ?

On en reparlera. En attendant, voici un EP (Schöne Neue) qui arrive dans la vie d’Extrawelt entre les début de la techno, leur implication dans la création de la Trans Goa, et les sorties massives d’EP en 2008 d’un nombre effrayant de bosch (la vague allemande). Sauf que là, on est dans du maxi sale qui fait clairement école.

https://www.youtube.com/watch?v=_Vxv5_k6VDw&list=PLG5oQ5ad8TJlc8BsJ0ylTQJYMQsS18y5B&fbclid=IwAR34k1IaMntah0Af4zmQc4J0Xa9CbDNr0THjH6ZKqdRo4_EPyK8eBJuGhrI

La Berlinoise N°5 : Mention Big Up à la Techno Milf 

Figure féminine et pionnière absolue de la scène techno Berlinoise, je découvre Monika Kruse avec le Cercle. Honte à moi, peut-être, mais apprenons un peu à la connaître.

Voir dressé sur la « Montparnasse Observation Tower Deck » (aussi et SURTOUT connu sous le nom de "Tour Montparnasse", vulgaire internationalisation d’un monument à la croisée des arrondissements) une techno Milf en robe de tissu génois a d’un regard établi une connexion entre elle et moi !

Musicienne originaire de Bavière, Monika fait du sale dès son plus jeune âge avec un sourire polis, des bouclettes sauvages et un kick qui fait taper du pied. En gros dès 1995 (24 ans), elle commence à sortir du son par petit paquet bien emballé. Elle fera un tour chez HR3 dans ces années là et n’arrêtera jamais de faire avancer le flux musical de la région.Elle va bien sûr prendre le train en route entre 2005 et 2008 avec des EP plus proche de tout ce qui est récent, jusqu’à tenir en haleine dans une apothéose indiscutable lors de l’event assez sympa des copains du Cercle.

Béatiquement, sa musique sent la sueur raffinée, et vous sort donc un peu des réverbérations de fanatiques d4rk allemands limités. Elle va habilement les supplanter par des mouvements plus tribaux, tout en faisant un vivre une ambiance « très Brejcha » diront les incultes.On vous conseille son passage sur Montparnasse et sa jeunesse chez HR3 (surtout la deuxième partie du Set, où on observe vraiment ses goûts particuliers, qu’on retrouve 20 ans après) !Bel exemple d’un truc oldschool et féminin, à sortir un soir de novembre non ?

 https://www.youtube.com/watch?v=oukwTJ81Zp0&t=470s Si tu as aimé ce petit article, tu trouveras une chiée de contenu sur notre page Facebook. Dépêche-toi d’aller poser ton like sans faire d’histoire, fais pas le bâtard ! (Clique donc sur cette phrase pour t'y téléporter !) 

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