Millenium : Les films qui n'aimaient pas les fans

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Le 14 novembre est sorti dans nos salles le dernier film issu de la franchise Millenium : The girl in the spider’s web, littéralement traduit dans le langage des distributeurs français par « Ce qui ne me tue pas ». Soit.

Millenium, c’est avant tout une première trilogie écrite par le suédois Stieg Larsson, dont les tomes ne paraissent qu’après sa mort d’une crise cardiaque en 2004. « Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes », « La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette » et « La Reine dans le palais des courants d’air » paraissent respectivement en 2005, 2006 et 2007.

Tout un programme.

C’est également une seconde trilogie en cours d’écriture, écrite cette fois-ci par David Lagercrantz, auteur couronné de succès par… sa biographie de Zlatan Ibrahimović. Les plus attentifs lèveront un sourcil, voire même deux, à raison peut-être. Son couronnement comme auteur attitré de la suite découle d’une bataille menée entre la veuve de Larsson, la famille de ce dernier et son éditeur. La suite faisant l’objet de lourds reproches quant à son aspect mercantile et dénuée de réel intérêt pour beaucoup.

Reste que le succès est colossal : les livres sont édités en 35 langues différentes et s’écoulent à plus de 90 millions d’exemplaires. C’est donc en toute logique qu’est mise en chantier la réalisation d’une série de trois films suivant la trame de ces trois premiers tomes, réalisée par le danois Niels Arden Oplev pour le premier et du suédois Daniel Alfredson pour les deux autres, avec Noomi Rapace et Michael Nyqvist dans les rôles principaux. Le succès est encore une fois important, les films totalisant plus de 200 millions de dollars de recette dans le monde. Nous aurons même droit à une série tv en six épisodes un an plus tard, en 2010, qui n’est rien d’autre qu’une compilation des trois films agrémentée de scènes supplémentaires.

Hollywood s’empare alors très vite et sans grande surprise du phénomène, avec rien de moins que David Fincher à la réalisation, et le duo Daniel Craig / Rooney Mara dans les rôles principaux. Et ce seront cette fois-ci plus de 250 millions de dollars de recette qui atterriront dans la besace de Sony. Le film vaut d’ailleurs une nomination à l’oscar de la meilleure actrice pour Mara, remporte celui du meilleur montage et est nominé pour deux autres. Les critiques sont globalement positives, l’idée d’une suite est alors assez naturelle, d’autant plus que l’achat des droits par Sony a coûté une somme considérable.

Le studio a alors une option sur Craig pour les deux suites, plusieurs scénaristes -onéreux- sont embauchés pour adapter les tomes 2 et 3, et Mara manifeste également son désir de reprendre le rôle lui ayant valu sa nomination aux oscars à de nombreuses reprises.

Mais non, car rien ne se passera jusqu’à la sortie de ce Millenium : Ce qui ne me tue pas, sept ans plus tard, sans Fincher. Sans Craig et Mara non plus, du reste. On découvre à la réalisation l’ uruguayen Fede Alvarez, qui s’était précédemment illustré par le remake d’Evil Dead en 2013, et surtout par Don’t Breathe en 2016, dans des registres assez différents. Il ne s’agit là non pas de l’adaptation du deuxième tome, mais de manière assez incompréhensible du quatrième, écrit non pas par Stieg Larsson mais par David Lagercrantz donc. En résulte une déception d’1h56 sur pellicule, aux retournements de situations incessants et surréalistes, dans lequel surnage péniblement Claire Foy, la Reine Elisabeth II de The Crown. Le personnage de Lisbeth Salender perd ici beaucoup de son intérêt, n’étant presque qu’une femme forte désireuse de sauver le monde. En résulte plusieurs questions dans la tête du pauvre spectateur : Vient-on de voir une suite ? Où sont Craig et Mara ? Pourquoi est-ce l’adaptation du quatrième tome, et non pas du deuxième ?

D’abord, le film de Fincher était cher, trop cher, avec ses 90 millions de dollars de budget, surtout pour un film rated R aux Etats-Unis. D’autant plus en prenant en compte l’augmentation de cachet demandée par Craig pour la suite. Fincher d’autre part, connu pour son caractère… difficile, dont les relations avec le studio se sont considérablement dégradées. Enfin, la volonté de Sony de rebooter la saga une troisième fois, et de le faire avec un budget considérablement réduit, qui sera d’ailleurs divisé par deux pour la version d’Alvarez. Tout cela est fort dommage, car on abouti au final à un film qui échoue à la fois auprès de la critique et auprès du public, le film n’étant toujours pas parvenu à rentrer dans ses frais, n’ayant pour l’instant rapporté que 33 millions de dollars sur ses 43 de budget. Peut-être Sony reverra sa copie et nous livrera une quatrième version de la saga d’ici quelques années ? On en a de la chance.

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Youpi.

Sade


Cinémarackhab