Alad'2 : petit gratin du gros navet français

Il était une fois, une petite troupe de voleurs et de malandrins, qui dans les locaux d’Iter Criminis, cherchaient une étoile à suivre, un divertissement à consommer. Soudain, une proposition étrange se fit, regarder Alad’2 avec Kev Adams. Quelle idée farfelue ! 

C’est fait, et putain on en a chié.

Jamel Debbouze Kev Adams

Je sais même pas par où commencer, tellement le film est une merde sans nom. On va essayer de segmentariser. Le film étant situé dans l’univers de, Aladdin donc, on aurait raisonnablement pu penser que le film aurait une quelconque cohérence avec au moins quelques éléments du conte original. Mais non, il n’en est rien. Les scénaristes nous ont chié une espèce de capharnaüm déguelasse, où se mêlent quelques éléments originaux (la lampe, Jasmine, Aladin, c’est tout), des références à la pop culture en plein milieu du désert d’Irak, et des personnages complètement inventés qui ne font strictement aucun sens. Tous les personnages de cette fiction sont élevés à Stars 80 : ils sortent en permanence des clichés graveleux sur ce que la télé française a chié depuis 30 ans.

Bigflo et Oli Alad'2

L’histoire et la narration ne vont strictement nulle part. On va pas vous mentir, on a pas vu le 1, et c’est peut être pas plus mal pour nous, du coup on sait pas bien comment ça se passait. Sûrement mal, je doute que quoi que ce soit se passe de bien en Bagdadi sous le règne de Kev’. Ce prince est en fait une pauvre flotte qui se fait la malle au premier coup de fusil, abandonnant femme et enfant à un Jamel dictateur sous prozac qui ne dit pas grand chose de drôle. Parlons-en de Jamel. De sa première à sa dernière apparition, il arbore fièrement un accent du dernier des blédards, de très, très mauvais goût. Tout ça pour nous bombarder de gimmicks à la Jamel, avec des gesticulations, et des blagues vues et revues. Son personnage n’existe donc tout simplement pas.

Jamel Debbouze Alad'2

Clairement adapté au 10-15 ans, nous le déconseillons à vos enfants. On ne trouvera rien dans ce film sinon des références bas de gamme, des vannes un peu lourdes et écrite à la volée, et des plagiats outranciers ci et là, au service d’un mauvais goût généralisé.
Des scènes entières d’action se passent hors champ, on ne comprend jamais le sens profond des péripéties et pour finir la narration est intégrée dans une sorte de sur-récit ou Kev est dans l’avion. On a pas pu s’empêcher de mettre un drame franchouillard en toile de fond, le brave Kev racontant une histoire dont il perd le sens pour surmonter sa peur de l’avion, des filles, de la vie. 

Un enfant de 11 ans le corrige, l’élève, lui manque de respect : riche idée du scénario, montrer le public cible écorner le pitch en live. Dans l’idée, même les effets spéciaux racontés par le narrateur à un enfant, sont pourraves. En parlant des effets spéciaux, mon Dieu que c’est laid. On avait pas vu des telles textures depuis Paris-Marseille Racing 2. La ville de Bagdad vue du dessus est modélisée, manifestement par un aveugle, ou alors un stagiaire de 4e (gros big up à Valentin). 

Kev Adams Jamel Debbouze Alad'2

Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse de cela ? En 15 minutes Aladdin fuit son château, son tapis tombe en panne d’essence dans la débandade, au bord de la mort de soif errant sous le cagnard il trouve un Capri-Sun sans paille, avant de retrouver Eric Judor en génie nymphomane à son procès. S’en suit un concours de clash, avec bande originale, puis une course poursuite de 0,4 secondes dans les rues. Pendant une solide demie-heure, ils se téléporteront de manière complètement aléatoire vers Jamel, pendant que celui-ci tente de se faire accepter par Jasmine, dépeinte comme une femme dépourvue de toute logique apparente, ou de sentiments. En lieu et place du grand duel final, ils organiseront une battle de génie, qui, évidemment, sera une battle de cartes de voeux. Des cartes de voeux oui : « Ici je m’amuse bien ». Puis Aladdin se fera remercier par sa princesse, puis ré-accepter. Tout rentre dans l’ordre. Fin. 

Alad'2 Kev Adams tapis

Notre ami Kev Adams, nous fait, encore une fois une belle démonstration de son non talent d’acteur. C’est faux, on y croit pas une seule seconde, qu’il soit « dans le vrai monde », ou dans le monde d’Aladdin. Si vous aviez peur de cette phrase, la voici : oui oui, Kev Adams chante, plusieurs fois même. Il danse, il dabe, Kev Adams a beaucoup de fonctionnalités, certainement pas celle de faire des films visionnables. 

Arrêtez de lâcher 18 millions d’euros à ces gens svp. 

CinémaMikhail Tcatchenko