Billie Eilish : l'adolescente destroy à la voix d'or

J’espère que vous avez apprécié cette entrée en matière. A la sortie de ce clip, Billie n’avait que 14 ans. Oui oui, 14 ans. 

Née en 2001 donc, dans une famille d’artistes, Billie écrit et chante ses premières chansons à l’âge de 11 ans. A l’âge où tu matais Scooby-Do en mangeant tes corn-flakes, elle commençait déjà à faire du sale. 

Elle sort son premier son, Ocean’s Eyes, début 2016 sur Soundcloud, puis sort un EP avec 4 remixes de la chanson début 2017.

2017 sera l’année de la révélation pour Billie. Forte du succès de son EP, elle sort la chanson Bored, qui fera partie de la bande originale de la série 13 Reasons Why, série Netflix sur le mal-être adolescent qui va rencontrer un immense succès.

Pendant tout le mois de juillet 2017, Billie va calmement balancer un son tous les vendredis, tel Moha la Squale, pour finir avec son EP « Don’t smile at me » le 12 août 2017.

En 2018, elle sort 4 singles, tous accompagnés de clips de franchement bonne facture. Elle sort ensuite deux singles en 2019, puis son album « When We All Fall Asleep, Where Do We Go ? ». 

Cet album est celui de tous les records pour Billie. Il se place instantanément en top 1 du Billboard 200, et comporte quatre des quarante meilleurs singles américains. Billie est la première artiste née au 21e siècle à être en tête du classement, et est la plus jeune artiste à atteindre la première place, depuis dix ans. Au Royaume-Uni, elle est la plus jeune auteure solo a jamais atteindre le sommet du classement britannique. 

Si ça c’est pas impressionnant, faudrait voir à rebosser ses standards. 

Billie, plutôt refaite de son numéro uno

Billie, plutôt refaite de son numéro uno

Mais alors, qu’est-ce qui explique le succès stratosphérique de cette ado, même pas encore majeure ?

Plusieurs choses sont à prendre en compte. En premier lieu, on va pas se le cacher, elle a un talent monstrueux. Elle écrit et compose strictement toutes ses chansons, accompagnée de son reufton solide. En plus de ça, elle a une voix franchement magnifique. Même si elle la distord de temps en temps, ça fait plaisir à côté des boys bands éclatés au sol, ou des twerkeuses hurlantes. 

En second lieu, elle représente la nouvelle génération d’adolescents, qui ont la malchance de vivre leur puberté à l’époque de l’omniprésence maladive des réseaux sociaux. Caractérisés dans la série 13 reasons why, ce sont des ados archi obsédés par leur image, archi connectés, archi putassiers entre eux, mais des ados, donc dans le mal. Billie aborde donc dans ses textes l’angoisse de la mort, la perte de l’amour, la solitude, et la remise en question de l’identité, entre autres. Ça fait beaucoup pour une gosse de 16 ans. 

Le côté destroy qu’elle affiche se rapproche donc beaucoup du mouvement grunge. En effet, ce mouvement rassemblait une population assez pessimiste, qui peinent à trouver une place dans le consumérisme grandissant. Selon Simon Reynolds : « Les enfants sont déprimés face à l’avenir ».

Cette affirmation, à mon sens, est très vraie aujourd’hui. La nouvelle génération a peur, peur face à une société qui perd tout son sens, où rien n’est vrai, face à un Terre qui menace d’exploser parce que nos anciens s’en sont royalement battu la race. 

Billie est donc une des figures de proue de ce mal-être, et à 17 ans, ça risque de lui faire pas que du bien. En attendant, ça nous offre une musique de qualité.