Von Bikrav: Empereur du sample, Frapcore Sayan 4 et high kick dans la bouche

Haut perché dans le palais de Dendé, dans la salle de l’esprit et du temps, y’a un gaillard qui mix avec une casquette vissée sur la tête. Selon la légende, une journée sur terre équivaut à une année dans cette salle d’entrainement, qu’ont côtoyé tous les grands. Après une absence d’absence (parce que les vrais restent là, font les vraies choses) Von Bikrav sort un skeud.

Il arrive que ce Casual Gabberz, plus Gabberz que Casu, descende sur Terre ambiancer autre chose que des Sayans. Iter Criminis avait d’ailleurs la chance de le voir à l’occasion d’une petite soirée 3672 au Glazart il y a quelques temps ! La revendication d’un manifeste Pilon/Nike Requin/ Frontkick à tout ce qui bouge, fait vibrer notre corde sensible immédiatement. L’énergumène lâche son désormais célèbre à la rédaction RAGE, et l’armée de fêtards en communion est emporté par ces samples d’un nouveau genre.

Alors si tu débarques et que t’entraves que dalle à ce que je raconte depuis 10 lignes, on en revient aux fondamentaux, et après on t’explique pourquoi tu pourrais aller acheter l’album (par exemple).

“Von Bikrav, c’est quoi ?”


De “Von”, préposition allemande correspondant à une particule dans un nom, pour préfacer donc une sorte de Noblesse. On parle par exemple du Baron Rouge, dont le patronyme était Manfred Von Rchtoffen.

Et De “Bikrav”, ou Bicrave, de Bicraver qui nous vient du Romani et qui signifie Vendre, le plus souvent des produits stupéfiants. On parle par exemple de la Bibi, pour la vente au détail (on vous laisse déduire le petit jeu de mots avec le nom de l’album, 100% Bibi).

Subtile addition pour désigner un baron de la drogue donc. Mais de quelle drogue parle t-on avec l’inénarrable Von Brikrav ? A en croire le palmarès et notre expérience, de drogue musicale, de mélodie d’ultra, de kick bien nrv. Producteur d’une musique Gabber, sous genre de la techno hardcore qui allie un tempo très rapide, des distorsions, des bons balayages et des samples bien sentis. Von Bikrav a décidé d’expérimenter un peu tout ça, et de pousser la frontière du possible. Il synthétise dans son laboratoire musicale, la Frapcore.

Cette musique hardcore vient faire fusionner les rythmes mécaniques et rebondis du Gabber, sur des samples de rap français. Apothéose d’un genre, Von Bikrav est à la fois véhicule et héritier de cette culture de rue éléctronique. Il donne ainsi une dimension assez géniale à ces deux univers, que lui seul arrive à maîtriser. Ce parcours d’une énergie spectaculaire qui transcende le genre, est un high kick adressé à la bouche du système, sur fond de code 90’ bien impliqué, tant dans la street culture rap que la scène indé Gabber.

Petite anthologie:

On le découvrait à travers la Chrysler toute diamentée, un remix de Biffty disponible ici. Ce son donnera une dimension “tapage nocturne” à vos soirées rooftop de baltringues et fera sûrement fuir la partie de vos convives la moins susceptible de taper du pied (et donc la plus inutile). Ôde matérialiste en soi, on dépasse clairement Biffty lui même sur le message. Du grand Bikrav.

Et puis, on trouve des appels à la rebellion bien plus précis dans l’oeuvre de Von Bikrav. Frapcore 2 rue, fait office de manifeste. La musicalité transporte, intrigue, agite un peu. Elle a le mérite d’éveiller, de faire sauter. Puis le message est clair, nonchalant, sans être poussif le mélange agréable est là et il semble tout indiqué pour une phase que traverse toutes les soirées.

Il en va de même de cette histoire de Tchoinbiosis, qui est une oeuvre à part entière. Kaaris n’aurait pas pu trouver ses mots sur un BPM pareil, mais Von Bikrav est parvenu à forger depuis les flammes de l’enfer, une douceur adaptée qui reste en mémoire.

Maintenant que les classiques sont posés sur la table, allons droit au but. Von Bikrav entre dans une forme nouvelle et sort un album qui aurait pu s’appeler Genkidama. Peut être le nom de l’album suivant, quand tous les bougzers auront lâché de la force. Pour l’heure, l’album s’appelle 100% Bibi.

Et pour cause, on est sur un 100% Von Bibi, original et fidèle, avec quelques feats et nombre de dingueries solo connues, révisées, ou sortant tout juste du four. Véritable all star du rap français, on retrouve des frasques d’un peu tout le monde, sur cette early hardcore bien sentie.

On tourne donc autour de la reformulation de message divers. Tant l’insurrection que les stupéfiants, on trouve aussi un vent des tribunes du PSG qui date de R.A.G.E. avec Evil Grimace. Réactualisée dans l’album, la fureur du stade est bien là. On retrouve aussi l’ode à Brahim Asloum, un boxeur/acteur qui a distribué des chataignes un long moment depuis les salles qui sentent l’arnica jusqu’aux championnats où il portait les couleurs.

C’est clairement l’esprit Von Bikrav. Un univers qui “Baise tous les traîtres”, qui charge des grands kaméhaméhas et qui fait un usage assez intéressant de courants très différents. On retrouvera donc des samples Dragon Ball, parce que c’est bien servi. On pourrait disserter sur le fait que certains cocktails de samples soient des figures de styles plus ou moins profondes, mais on va laisser ça aux afters des vilains qui nous lisent.

Bref, Von Bikrav c’est de la frappe.

Achète, fais pas le bÂtârd : https://casualgabberzrecords.bandcamp.com/album/100-bibi?fbclid=IwAR2xVExiby-t63rxD3wlKh-KYzpFDK_mpMDAftX_NZS_EqXDsTA7ZEL4tLk